Le ministère américain de la Sécurité intérieure se dirige vers une paralysie
Le ministère américain de la Sécurité intérieure s'apprête vendredi à connaître une nouvelle paralysie budgétaire en raison de l'échec de négociations entre démocrates et républicains sur la police de l'immigration après les événements de Minneapolis.
"Depuis des semaines, nous poussons pour des réformes de bon sens", a estimé jeudi le chef de la minorité démocrate au Sénat, Chuck Schumer.
La porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, a elle fustigé l'opposition sur Fox News vendredi, affirmant que "des raisons politiques et partisanes" étaient à l'origine de ce "shutdown" partiel annoncé pour minuit vendredi soir.
Les démocrates disent s'opposer à tout nouveau financement pour le ministère de la Sécurité intérieure (DHS), tant que de profonds changements ne sont pas apportés à la manière dont la police de l'immigration (ICE) opère à travers le pays.
Ils exigent notamment la fin des patrouilles volantes, l'interdiction pour les agents de se dissimuler le visage, et l'obligation d'obtenir un mandat judiciaire avant l'arrestation d'un migrant.
Leur opposition à l'ICE n'a fait que s'amplifier après la mort à quelques semaines d'intervalle en janvier de Renee Good et d'Alex Pretti, deux Américains tués par balle par des agents fédéraux à Minneapolis.
- Négociations "sérieuses" -
"Les démocrates ne soutiendront pas un chèque en blanc pour le chaos", a assuré Chuck Schumer.
Pour son homologue à la Chambre, Hakeem Jeffries, "les dollars des contribuables devraient être utilisés pour rendre la vie plus abordable pour les Américains, pas pour les brutaliser ou les tuer".
En raison des règles en vigueur au Sénat américain, 60 voix sur 100 sont nécessaires pour adopter un texte budgétaire, et les républicains, même s'ils disposent de la majorité, ont donc besoin de l'appui de plusieurs élus de l'opposition pour adopter leur proposition de budget pour le DHS.
Face aux demandes démocrates, la Maison Blanche s'est dite prête à négocier et a envoyé une contre-proposition mercredi soir.
"La Maison Blanche s'est très investie dans des discussions et des négociations sérieuses avec les démocrates", a assuré Karoline Leavitt vendredi.
Le chef des républicains au Sénat, John Thune, a averti les membres de l'opposition qu'ils n'obtiendraient "jamais tous les souhaits sur leur liste".
"Ce n'est pas comme ça que ça marche", a-t-il estimé dans l'hémicycle jeudi.
Mais l'opposition a rejeté tout de go la proposition de l'exécutif.
Pour la sénatrice démocrate Patty Murray, les républicains "doivent comprendre que les demi-mesures ne suffiront pas".
- Aéroports touchés -
Dans les faits, l'échec des négociations signifie qu'à minuit samedi, le DHS entrera en situation de paralysie budgétaire.
Des milliers de fonctionnaires se trouveront alors au chômage technique, tandis que des milliers d'autres, dont les fonctions sont considérées comme essentielles, devront continuer de travailler. Dans les deux cas, leur salaire ne sera pas versé jusqu'à ce que le Congrès s'entende sur un budget pour le ministère.
Mais alors que les démocrates disent s'opposer à un financement du DHS en raison des agissements de l'ICE, cette dernière pourra continuer d'opérer pendant la durée du "shutdown", en raison de fonds déjà approuvés l'an dernier par le Congrès.
D'autres agences -- comme la Fema, chargée de la réponse aux catastrophes naturelles -- seront donc principalement concernées par le blocage.
L'agence responsable des contrôles de sécurité dans les aéroports, la TSA, a averti sur X qu'un "shutdown" prolongé pourrait provoquer des pénuries de personnel avec "des conséquences notables aux aéroports, notamment des retards, des délais d'attente plus longs, et des annulations de vols".
La paralysie budgétaire annoncée sera la troisième depuis le début du second mandat de Donald Trump après celle de quelques jours début février, déjà autour de la question de l'ICE, et celle d'octobre-novembre dernier, qui avait battu un record de longévité avec 43 jours de blocage.
X.Kapoor--MT