Le chef du gang vénézuélien Tren de Aragua tué dans une frappe américaine, annonce Trump
Donald Trump a annoncé vendredi soir que l'armée américaine avait tué le chef du gang vénézuélien Tren de Aragua, l'une des principales organisations criminelles d'Amérique latine, lors d'une opération militaire menée en coordination avec le Venezuela.
Hector Rusthenford Guerrero Flores, alias Niño Guerrero ("enfant guerrier"), serait âgé de 42 ans. Il avait été inculpé par un tribunal à New York en 2025 en même temps que 69 autres membres présumés du gang pour avoir ordonné, dirigé et facilité des actes de terrorisme et des violences aux Etats‑Unis.
"Le Commandement sud des États-Unis a mené une frappe rapide et létale pour éliminer Nino Guerrero, le tristement célèbre chef de Tren de Aragua", a déclaré le président américain sur sa plateforme Truth Social.
Il a ajouté que l'opération avait été conduite "en étroite coordination" avec le Venezuela, dirigé par la présidente par intérim Delcy Rodriguez depuis la capture de Nicolas Maduro par les États-Unis en janvier.
Il n'a pas précisé où la frappe avait eu lieu.
La publication est accompagnée d'une vidéo de dix secondes montrant une vue aérienne d'un bâtiment au toit vert entouré de végétation, avant qu'une explosion ne provoque un épais nuage de fumée.
Le département d'Etat américain offrait une récompense de cinq millions de dollars pour tout renseignement qui aboutirait à la capture du chef de gang.
"Guerrero Flores a été le cerveau derrière l'évolution du Tren de Aragua, qui est passé d'un gang de prisonniers vénézuélien à une organisation terroriste transnationale", avait déclaré le procureur fédéral Jay Clayton lors de l'annonce de l'acte d'accusation.
"Les terroristes du Tren de Aragua n'ont plus de refuge au Venezuela ni ailleurs", a affirmé vendredi Donald Trump.
- Discothèque en prison -
Le Tren de Aragua est considéré par les Etats-Unis comme une organisation terroriste.
Il s'est formé en 2014 dans l'État vénézuélien d'Aragua, situé à l'ouest de la capitale Caracas. Selon des rapports du renseignement, il s'est étendu à huit pays d'Amérique du Sud.
Il est accusé de traite d'êtres humains, d'assassinats, d'enlèvements, de vols, de trafic de drogue, d'extorsion et même d'activités minières illégales.
En septembre 2023, le gouvernement Maduro avait affirmé avoir "totalement démantelé" le Tren de Aragua après la reprise en main par l'armée de la prison de Tocorón, contrôlée par le gang.
Selon un rapport du centre d'analyse Insight Crime de 2025, "Niño Guerrero" avait fait du Tren de Aragua "ce qu'il est aujourd'hui pendant son incarcération à Tocorón".
Sous sa direction, Tocorón "est devenu l'une des prisons les plus tristement célèbres du pays, en grande partie à cause de la politique officieuse du gouvernement vénézuélien consistant à confier le contrôle de certaines prisons (...) à des chefs criminels connus sous le nom de pranes".
Toujours selon le rapport d'Insight Crime, "cette liberté et les revenus criminels du gang ont permis la construction d'un zoo, d'une piscine, d'une aire de jeux, d'un restaurant et d'une discothèque à l'intérieur de la prison".
Cette opération conjointe constitue un nouvel exemple du rapprochement entre Washington et Caracas depuis la capture de Nicolas Maduro. En mars, les deux pays ont repris leurs relations diplomatiques, rompues en 2019, et les Etats-Unis sont en train de réactiver leur ambassade de Caracas.
En parallèle, le président Donald Trump assouplit graduellement les sanctions contre le Venezuela, qui a fait adopter de nouvelles lois sur les hydrocarbures et le secteur minier, ouvrant ces secteurs au privé dans un pays disposant des plus grandes réserves de pétrole au monde.
I.Khatri--MT