Madras Times - En Cisjordanie, des Palestiniens trouvent refuge dans des grottes

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En Cisjordanie, des Palestiniens trouvent refuge dans des grottes
En Cisjordanie, des Palestiniens trouvent refuge dans des grottes / Photo: John WESSELS - AFP

En Cisjordanie, des Palestiniens trouvent refuge dans des grottes

A Masaffer Yatta, la famille de Mohamed Emar vit dans un intérieur chaleureux et fonctionnel. A ce détail près que le berger palestinien a aménagé son foyer dans une grotte, après la destruction de sa maison par l'armée israélienne.

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Dans cette partie occupée et aride de Cisjordanie occupée, l'homme de 33 ans a coulé une dalle de béton sur le sol calcaire irrégulier de sa nouvelle habitation et transformé ses parois friables en mur en y appliquant de la chaux blanche.

Grâce à l'électricité fournie par des panneaux solaires placés sur le "toit" et l'eau amenée par un puits, Mohamed Emar, ses deux épouses et leurs 11 enfants vivent tant bien que mal dans cet espace où perce la lueur du jour.

"Nous habitions autrefois dans une maison en surface, d'où l'on pouvait voir le monde. Mais aujourd'hui on vit dans une grotte souterraine qui ressemble à une tombe", déplore-t-il pendant que sa femme fait cuire des patisseries dans un four situé à l'extérieur.

Ses enfants jouent sur la terrasse aménagée à flanc de colline devant l'entrée de la grotte, les filles improvisant un karaoké tout en surveillant les plus petits.

Le plus jeune garçon a été prénommé "Raz", diminutif de Razeeq, en souvenir d'un ressortissant israélo-russe qu'Emar a connu en prison, où il a purgé une peine d'un an après une altercation avec un colon, raconte-t-il.

A quelques mètres de là, subsistent des décombres de sa maison détruite par l'armée israélienne.

Et au loin flotte le drapeau israélien, signalant la présence de la colonie israélienne d'Avigayil.

- "Marche arrière" -

A Masafer Yatta, dans le sud de la Cisjordanie, les destructions de maisons sont fréquentes et les tensions récurrentes entre Palestiniens et colons.

Cette zone, placée presque entièrement sous contrôle israélien en vertu des accords d'Oslo signés dans les années 1990, est au cœur du documentaire oscarisé "No Other Land".

Malgré un espace de vie qui ne cesse de se réduire, les habitants mettent en avant les liens familiaux et communautaires pour expliquer leur choix de rester, malgré tout.

"Quand une maison est détruite, les voisins et les familles viennent aider à construire un abri. Notre proximité nous aide", poursuit le berger.

Lorsque son logement construit en 2023 a été démoli, la famille s'est d'abord installée dans des tentes, raconte Fatima.

"Maintenant nous avons trouvé refuge dans des grottes, comme on faisait dans le passé. L'armée nous laisse y vivre".

Israël évoque l'absence de permis de construire pour justifier les démolitions. Mais les Palestiniens soutiennent que leurs demandes sont presque systématiquement refusées.

Mohamed Emar espère qu'un jour les quelque 1.100 Palestiniens de la région pourront un jour vivre tranquillement.

"Pendant que le monde avance, nous, ici en Palestine, faisons marche arrière, on a été rejeté aux 11e ou 12e siècles", s'émeut-il.

B.Sharma--MT