Les lycéens de nouveau dans la rue, avant un appel à manifester au début des vacances samedi
Décidés à "ne rien lâcher", lycéens et étudiants sont de nouveau massivement descendus dans la rue mardi, affichant une mobilisation en baisse selon le gouvernement, avant un nouvel appel à rejoindre des manifestations contre "la vie chère" prévues samedi, au premier jour des vacances scolaires.
Les manifestants étaient entre 161.500 (selon l'Intérieur) et 480.000 (selon l'intersyndicale de la jeunesse) dans toute la France, alors que la précédente journée avait mobilisé entre 266.000 et 450.000 personnes mardi dernier.
A Paris, où deux cortèges ont réuni 41.500 personnes selon l'Intérieur, quelques heurts se sont produits entre manifestants et forces de l'ordre qui ont fait usage de gaz lacrymogène.
Brandissant des pancartes "sans éducation, pas de nation" ou "on veut un parcours sûr, par Parcoursup", un premier cortège est parti dans le calme de la place d'Italie, en présence d'une dizaine de responsables Insoumis, dont Jean-Luc Mélenchon qui a été acclamé.
Un autre cortège, moins fourni, a défilé entre l'Hôtel de Ville et la place de Port-Royal, émaillé de quelques incidents, dont des voitures brûlées et du mobilier urbain dégradé, a observé un journaliste de l'AFP, avant que les deux manifestations se rejoignent pour converger vers les Invalides.
D'autres manifestations ont eu lieu à Nantes, Lens, Lyon (11.000 personnes selon la préfecture), Strasbourg, Bordeaux (4.000 selon la préfecture) ou encore Marseille (3.800 selon la police) aux cris notamment de "La lutte, la lutte, jusqu'à la victoire".
"On est là parce qu'on a vraiment l'impression de ne pas se faire écouter par le gouvernement", a résumé à Marseille Nina, 17 ans.
A l'origine de ce mouvement parti mi-septembre d'un lycée de banlieue parisienne, à Créteil, pour s'étendre un peu partout en France, l'Union syndicale lycéenne (USL) demande la suppression de la plateforme d'accès à l'enseignement supérieur Parcoursup et un plan de 10 milliards d'euros pour les lycées.
- "fuites d'eau" -
"Dans notre lycée, il y a des fuites d'eau, des morceaux de plafond qui tombent dans les classes, pourquoi on devrait accepter ça?" s'est interrogée Cloé, en première au lycée Charles-de-Gaulle à Caen.
Mardi matin, la militante écologiste suédoise Greta Thunberg est venue apporter son appui aux manifestants devant le lycée Paul-Eluard de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), un des épicentres du mouvement.
Entre autres villes impactées : Angoulême, Annecy, Mulhouse, Nancy...
"On continue le blocus, on lâche rien", a expliqué Naouel, en première à Brest, avec "bon espoir" que le mouvement se poursuive après les vacances de la Toussaint qui débutent samedi pour deux semaines.
Plusieurs organisations étudiantes et lycéennes doivent être à nouveau reçues jeudi après-midi par les ministres de l’Éducation et de l'Enseignement supérieur.
La secrétaire générale de la CGT Sophie Binet, présente à la manifestation parisienne, a assuré à BFMTV que "tant qu'il n'y a pas de réponse aux revendications, la mobilisation va continuer", avec en ligne de mire les multiples rassemblements prévus samedi sur le pouvoir d'achat.
"Nous vous appelons massivement à rejoindre le mouvement des +gilets jaunes+ samedi pour enfin faire vivre cette convergence des luttes", a pour sa part lancé le président de l'Union syndicale lycéenne (USL), Ryad Rani.
A Toulouse, Margot, élève en seconde au lycée Sainte-Marie-de-Nevers était plus désabusée : "Le 17, ce sera un gros truc qui va clôturer et avec les vacances, on va passer à autre chose".
De son côté, le gouvernement a dit constater une décélération du mouvement.
En milieu de journée, le ministère de l’Éducation a indiqué que 94,2% des lycées étaient "ouverts", avec "214 fermetures d'établissements scolaires, contre "800 mardi" 6 octobre, pic de la mobilisation. Et seuls 4,98% des enseignants du second degré ont participé au mouvement mardi, selon un bilan en fin de journée.
- 36 enquêtes -
"Aujourd'hui il y a moins de monde qu'avant", reconnaît Camille Marchand, 19 ans, étudiante à l'IUT de Bobigny, selon qui "les gens ont peur de la police". Mais samedi, "il y aura les lycéens, les étudiants, les +gilets jaunes+ et les gens qui travaillent en semaine", assure-t-elle.
Côté enseignement supérieur, 90% des quelque 70 universités françaises étaient "bloquées" ou "fermées" ce mardi, selon l'organisation Union étudiante - le ministère a évoqué des perturbations dans un tiers des établissements du supérieur.
M. Lecornu a indiqué que le gouvernement déposerait des amendements au projet de budget pour 2027 reprenant "certaines propositions formulées" sur la plateforme de concertation lancée à l'adresse des lycéens.
Le ministre de l’Éducation, Édouard Geffray, a assuré mardi matin que le déploiement des 3.000 professeurs remplaçants, annoncé la semaine dernière, avait commencé dans les lycées où la situation est la plus critique.
Au total, 36 enquêtes ont été ouvertes par l'IGPN, a indiqué une source policière. Depuis le début de la contestation lycéenne, plus de 200 lycéens ont été blessés, de même que plus de 800 policiers et gendarmes et 147 personnels de l’Éducation nationale.
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B.Chawla--MT