EDF: action en justice des salariés pour connaître les rémunérations de ses dirigeants
Une instance représentative du personnel d'EDF a annoncé mardi attaquer en justice l'énergéticien en raison du "refus de l'entreprise de communiquer les éléments de rémunération de ses cadres dirigeants" et précise qu'"une audience est fixée le 2 juillet".
"EDF refuse de transmettre à l'expert du CSEC les éléments précis de rémunération de ses cadres dirigeants, tout en acceptant de le faire pour les autres salariés", indique le Comité social et économique central (CSEC) dans un communiqué.
Il estime que "cette opacité à sens unique est incompatible avec les obligations d'une entreprise publique et avec le principe même de transparence salariale".
Cette revendication ne concerne pas le PDG d'EDF, Bernard Fontana, dont la rémunération "est fixée par la loi et validée par le conseil d'administration", a rappelé le secrétaire du CSEC d'EDF, Gwenaël Plagne, lors d'un entretien avec l'AFP.
Elle concerne en revanche quelque "537 cadres dirigeants, quand même, sur 65.000 salariés", selon le secrétaire du CSEC.
Sollicitée, la direction d'EDF n'a pas souhaité faire de commentaire.
"L'an dernier déjà, on n'avait pas rendu d'avis sur la politique sociale et on avait dit c'est la dernière alerte qu'on vous fait pour que vous vous remettiez en conformité", a indiqué M. Plagne, qui indique que l'entreprise a procédé l'an passé à une "hausse de plus de 2 millions d'euros" de la masse salariale "sur les 10 plus hautes rémunérations".
Il ne s'agit pas de "divulguer" ces rémunérations, assure Gwenaël Plagne, mais "dans le cadre de la consultation sur la politique sociale" d'EDF, de transmettre des éléments à un cabinet d'experts qui, "sous devoir de confidentialité, retraite les informations", pour permettre aux représentants d'apprécier les évolutions en la matière.
"Cela permettrait aussi de regarder l'égalité professionnelle chez les cadres dirigeants, comment sont rémunérées les femmes par rapport aux hommes, etc..", a plaidé M. Plagne.
Ce manque de transparence, "c'est une position qui est depuis des années tenue par EDF. Et nous, au bout d'un moment, on a dit +bon, stop, on va aller chercher l'arbitre qui nous dira qui a raison+", a-t-il conclu.
I.Khatri--MT