La Bourse de Paris freinée par le luxe et les semi-conducteurs
La Bourse de Paris a fini proche de l'équilibre mardi, freinée par le recul du luxe après les résultats de LVMH, et celui de STMicroelectronics, plombé par un mouvement de vente sur les semi-conducteurs.
Le CAC 40 a perdu 0,07 % à 7.827,63 points, soit un recul de 5,25 points. Lundi, il avait terminé en hausse de 0,38 %, à 7.832,88 points.
Le numéro un du luxe LVMH (-0,12 % à 384,05 euros) a publié lundi soir un chiffre d'affaires de 18,5 milliards d'euros pour le troisième trimestre, en hausse de 1 % à données comparables.
Mais les analystes de Jefferies pointent "un raté de la division +Mode et Maroquinerie+", dont les ventes ont baissé de 5 % sur un an, contre un recul de 1,8 % attendu par les analystes. "Le ralentissement vient surtout de la clientèle chinoise", relèvent-ils.
Dans son sillage, Hermès, dont la maroquinerie est une activité importante, a lâché 1,95 % à 1.284,50 euros et Kering -1,45 %, à 210,00 euros.
Le groupe publicitaire Publicis a pris 2,24 %, à 100,95 euros, après avoir confirmé son objectif de croissance de 4,5 % à 5 % de son activité cette année, hors effets de change et d'acquisitions, après un revenu net en hausse de 7,9 % au troisième trimestre.
- STMicroelectronics et Soitec souffrent avec les semi-conducteurs -
Le groupe de semi-conducteurs STMicroelectronics a perdu 3,80 %, à 43,84 euros, et Soitec 5,95 % à 145,30 euros.
Les entreprises des semi-conducteurs, principaux bénéficiaires des investissements dans l'intelligence artificielle, ont toutes cédé du terrain après des "annonces de progrès technologiques faites par la société chinoise CXMT", selon Neil Wilson, stratégiste pour Saxo Bank.
Le champion chinois des puces mémoire, ChangXin Memory Technologies (CXMT), a dit avoir progressé dans la conception d'une puce plus dense, capable de stocker davantage de données sur une même surface. Il compte livrer d'ici la fin de l'année des modules de mémoire pour serveurs utilisant cette technologie, un marché où les deux géants sud-coréens sont aussi présents.
Les "investisseurs se disent que l'avance des entreprises américaines par rapport à la Chine est en train de se réduire. Pour beaucoup, c'est une raison suffisante pour prendre ses bénéfices", explique à l'AFP Xavier Girard, responsable du conseil expert chez Milleis Banque Privée.
- Le budget français au coeur des préoccupations -
Autre point d'attention des marchés: la situation politique et budgétaire française, alors que le projet de budget 2027 arrive en séance plénière à l'Assemblée nationale et que la dette publique hexagonale est scrutée par les investisseurs étrangers.
Un feu rouge immédiat des députés serait "le plus mauvais signal", a lancé mardi le Premier ministre Sébastien Lecornu.
Les députés PS, qui avaient permis le passage du budget de l'État l'an passé en ne censurant pas le gouvernement, sont partis cette année sur une position bien plus offensive et défendront, probablement dans la soirée, une motion de rejet préalable au projet.
Malgré cette incertitude, les taux d'emprunt ont baissé, grâce à une accalmie des prix du pétrole.
Le taux d'intérêt à échéance dix ans de la France a reculé à 4,84 %, contre 4,90 % la veille en clôture. Son équivalent allemand, référence en Europe, a terminé à 3,46 %, contre 3,48 %.
A.Singh--MT