Madras Times - Les marchés financiers naviguent à vue face à la guerre au Moyen-Orient

Euronext
AEX -0.45% 995.52
BEL20 -1.01% 5260.18
PX1 -1.49% 8045.8
ISEQ -1.62% 12472.41
OSEBX -0.12% 1905.71 kr
PSI20 0.01% 8932.42
ENTEC -0.41% 1416.23
BIOTK -1.74% 3779.36
N150 -0.95% 3926.38
Les marchés financiers naviguent à vue face à la guerre au Moyen-Orient
Les marchés financiers naviguent à vue face à la guerre au Moyen-Orient / Photo: ERIC PIERMONT - AFP/Archives

Les marchés financiers naviguent à vue face à la guerre au Moyen-Orient

La nervosité reste de mise sur les marchés mondiaux, alors que la guerre au Moyen-Orient entre dans son sixième jour jeudi, entre espoir de résolution et craintes d’escalade supplémentaire.

Taille du texte:

Les frappes s'enchaînent jeudi sur les capitales du Moyen-Orient, de Jérusalem à Téhéran en passant par Beyrouth et les mégalopoles du Golfe, dans une guerre qui ne baisse pas d'intensité.

"Aucun signe de désescalade n'est encore apparu et les prix du pétrole continuent de progresser", souligne Jim Reid, économiste à la Deutsche Bank.

Vers 14H40 GMT, les deux références mondiales du brut repartaient à la hausse: le Brent de la mer du Nord gagnait 3,30% à 84,09 dollars le baril et le WTI prenait 4,51% à 78,03 dollars le baril.

Concernant le gaz naturel, le contrat à terme du TTF néerlandais, la référence sur le Vieux Continent, prenait lui 3,33% à 50,39 euros le mégawattheure, un mouvement toutefois contenu pour ce marché habitué des fortes variations. Depuis le début de la semaine, il a flambé de près de 60%.

- Les Bourses sur le qui-vive -

Sur les marchés d'actions européens, les principaux indices ont ouvert en baisse, avant de reprendre des couleurs brièvement à la mi-séance, puis de fléchir à nouveau. Vers 14H30 GMT, la Bourse de Paris perdait 0,60%, Francfort 0,59%, Londres 0,52% et Milan 0,37%.

Cette nervosité est le résultat d'articles de presse reprenant des "déclarations du vice-ministre iranien des Affaires étrangères, indiquant que l'Iran pourrait potentiellement abandonner son programme nucléaire si les États-Unis proposaient un accord alternatif suffisamment attractif", explique Fawad Razaqzada, analyste de Forex.com.

Mais ce soulagement rapide s'est depuis "quelque peu essoufflé" face aux incertitudes, ajoute-t-il.

A Wall Street, les indices ont d'ailleurs ouvert en recul: dans les premiers échanges après l'ouverture, l'indice Dow Jones perdait 0,53%, le Nasdaq 0,20% et l'indice élargi S&P 500 0,19%.

"Les informations d'aujourd'hui sur une possible ouverture de l'Iran aux négociations font suite à des rumeurs selon lesquelles Téhéran aurait indirectement sondé la CIA sur d'éventuelles conditions de fin du conflit", relève Fawad Razaqzada, en référence à un article du New York Times mercredi.

- La dette souveraine sous pression en Europe -

En attendant des éclaircissements, "l'ampleur des inquiétudes concernant un choc des prix de l'énergie sur l'inflation européenne est manifeste", souligne Kathleen Brooks, analyste pour XTB.

Les investisseurs redoutent un regain d'inflation en Europe, où les pays importent massivement leurs hydrocarbures, et le spectre de la vague inflationniste provoquée par la guerre en Ukraine en 2022 plane.

Résultat, les taux d'intérêt des dettes d’État, pourtant considérées traditionnellement comme des valeurs refuge en cas d'incertitude, grimpent sur le Vieux Continent.

Une inflation plus élevée réduit en effet la valeur réelle des sommes versées par un emprunteur à ses créanciers. Ces derniers exigent par conséquent des taux d'intérêt plus élevés pour compenser cette perte.

Le rendement de l'emprunt allemand à échéance 10 ans, considéré comme la référence européenne, évoluait à 2,83% vers 14H40 GMT contre 2,75% mercredi à la clôture. Son équivalent français s'établissait à 3,46% contre 3,35% mercredi, et l'italien à 3,53% contre 3,43%. Le rendement britannique à 10 ans évoluait quant à lui à 4,53% contre 4,44% mercredi à la clôture.

En parallèle, "le dollar demeure la valeur refuge de prédilection face à un conflit sans précédent au Moyen-Orient", estime Kathleen Brooks. Bien que les marchés d'actions se stabilisent, "le billet vert reste ferme", note-t-elle.

La hausse des hydrocarbures devrait davantage peser sur les économies asiatiques et européennes que sur celle des États-Unis, plus indépendante en matière énergétique, et dont la devise est utilisée sur les marchés internationaux pour acheter du pétrole brut.

Vers 14H30 GMT, le billet vert prenait 0,27% à la monnaie unique européenne, à 1,1602 dollar pour un euro.

M.Chandra--MT