Soumission chimique: une expérimentation pour rembourser les analyses même sans plainte
Une expérimentation visant à améliorer la prise en charge des victimes de soumission chimique en simplifiant leur accès aux analyses médicales a été lancée vendredi à Nantes, en présence de la ministre Aurore Bergé et de la députée Sandrine Josso.
Cette expérimentation de trois ans, qui concerne les Pays de la Loire, l'Ile-de-France et les Hauts-de-France, prévoit notamment le remboursement des analyses médicales en cas de suspicion de soumission chimique, même en l'absence de plainte préalable.
Elle comprend également la mise en place d'un "parcours patient" qui permettra aux victimes de déposer plainte en cas de résultat positif.
L'objectif est d'être "extrêmement rapide sur la réalisation des prélèvements", a expliqué Aurore Bergé, ministre déléguée chargée de l'Egalité femmes-hommes, les substances recherchées par ce type d'analyses disparaissant rapidement de l'organisme.
Le dispositif est ouvert à toute personne munie d'une ordonnance établie par un médecin pratiquant dans l'une des régions concernées.
En dehors de l'expérimentation, les examens pour détecter les substances montrant un état de soumission chimique sont pris en charge à condition que la victime potentielle ait porté plainte au préalable.
La ministre a visité vendredi le laboratoire de toxicologie du CHU de Nantes aux côtés de la députée MoDem de Loire-Atlantique Sandrine Josso, dont elle a salué l'"engagement", la "détermination" et le "courage".
L'ex-sénateur Joël Guerriau a été reconnu coupable mardi d'avoir drogué Mme Josso en vue de la violer et condamné à quatre ans de prison dont 18 mois ferme. Lui plaide l'accident et a fait appel.
"Comme on le comprend tous ici, c'est un contre-la-montre", a-t-elle déclaré devant la presse.
Sandrine Josso a expliqué qu'elle allait aujourd'hui "de l'avant" après "l'épreuve" qu'a représenté le procès de Joël Guerriau.
"Je suis d'un côté victime et d'un autre côté députée. Les actions que je mets en place servent aussi pour le plus grand nombre", a-t-elle ajouté.
H.Kaur--MT