Médicaments non utilisés: un Français sur dix les jette encore à la poubelle
Malgré une amélioration des comportements, un Français sur dix continue de jeter ses médicaments non utilisés à la poubelle, au lieu de les rapporter à la pharmacie, a indiqué vendredi Cyclamed, un organisme chargé de leur collecte.
Le taux de collecte - le nombre de médicaments non utilisés restitués par rapport à l'ensemble de ceux stockés dans les armoires à pharmacie des foyers - a continué de progresser en 2005 pour atteindre 83%, après 77% en 2024 et 71% en 2023, a noté l'association dans son bilan annuel.
Au total, plus de 8.200 tonnes de médicaments non consommés ont été collectées en 2025 pour qu'ils soient incinérés et valorisés. Cela correspond à deux boîtes par habitant, à comparer avec les 42 boîtes de médicaments vendues par habitant chaque année en France.
"Alors que la vente des médicaments poursuit sa baisse (-1% par an depuis 20 ans), les Français adoptent une démarche toujours plus responsable", a salué Cyclamed.
Les régions urbaines ainsi que celles isolées géographiquement et l'Outre-mer sont toutefois "en dessous de la moyenne nationale", selon l'organisme.
Et 4 boîtes de médicaments collectées sur 10 ne sont pas périmées, a conclu une étude menée par l’Assurance maladie et l'agence du médicament (ANSM), en partenariat avec Cyclamed, qui souligne "la marge de progression possible, sur les conditionnements notamment, afin de réduire la destruction de produits encore utilisables".
Les médicaments les plus rapportés correspondent aux classes thérapeutiques les plus prescrites: antalgiques, laxatifs, antibiotiques, inhibiteurs de la pompe à protons (IPP) et produits ophtalmiques.
Selon des évaluations économiques, l’Assurance maladie supporte un coût annuel lié aux médicaments finalement non utilisés estimé à 517 millions d’euros.
Les pharmacies disposent de réceptacles en carton pour récupérer les médicaments restitués. Dans le cadre de leur tournée quotidienne de livraison de médicaments, les grossistes répartiteurs les récupèrent.
Ces réceptacles sont ensuite mis soit dans des conteneurs cadenassés, soit dans des compacteurs. Quand ils sont pleins, ils sont acheminés jusqu'aux unités de valorisation énergétique, où ils sont incinérés pour permettre d'éclairer et de chauffer des milliers de logements chaque année.
X.Ranganathan--MT