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Une amélioration des conditions de travail qui laisse de côté les peu qualifiés, selon une étude
Une amélioration des conditions de travail qui laisse de côté les peu qualifiés, selon une étude / Photo: Kiran RIDLEY, Kiran RIDLEY - AFP/Archives

Une amélioration des conditions de travail qui laisse de côté les peu qualifiés, selon une étude

Les salariés estiment dans l'ensemble que leurs conditions de travail se sont améliorées sur la dernière décennie, un progrès dont ne bénéficie pas les employés peu qualifiés, selon une étude publiée mercredi par le département des statistiques du ministère du Travail.

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"Pour la première fois depuis qu'elle est mesurée - à partir des années 1980 -, l'intensité du travail diminue. De plus, les salariés font globalement état de meilleures relations de travail, de plus faibles exigences émotionnelles et d'un sentiment accru de pouvoir réaliser un travail de qualité" en 2024 par rapport à 2016, expliquent Aude Lapinte et Cécile Girault, statisticiennes à la Dares, qui ont analysé 25.300 questionnaires portant sur les conditions de travail et les risques psycho-sociaux.

Toutes catégories socioprofessionnelles confondues, la part de salariés exposés à plusieurs contraintes de rythme (cadences automatiques, contrôles ou suivis informatisés, etc.) a ainsi diminué de 5 points à 38% et celle de salariés estimant travailler sous pression temporelle de 3 points à 28%. Le pourcentage de salariés ayant des relations dégradées avec leurs supérieurs est lui de 21%, en recul de 5 points.

"Globalement, ces améliorations sont portées fortement par les cadres et surtout ceux qui peuvent télétravailler, et on a aussi beaucoup d'amélioration chez les ouvriers", ont relevé les autrices de l'étude lors d'une conférence de presse.

Sous-directeur des Salaires, Travail et Relations professionnelles, Fabien Guggemos a néanmoins souligné que cette inflexion "n'est pas du tout de la même ampleur que la hausse qu'on a pu observer en cumul sur les précédentes décennies".

A l'inverse du tableau général, "dans à peu près toutes les dimensions, on a une situation qui se dégrade chez les employés et, a fortiori, chez les employés peu qualifiés", ont souligné Aude Lapinte et Cécile Girault.

Pour les employés peu qualifiés, représentant 13% des salariés interrogés, "le travail s'intensifie, l'autonomie régresse et les comportements hostiles sont en hausse", souligne la Dares.

Ainsi, les contraintes physiques (charges lourdes, position debout, secousses ou vibrations) concernent 61% des employés peu qualifiés en 2024, en hausse de 7 points par rapport à 2016, alors qu'elles ont continué de toucher quatre salariés sur dix dans l'ensemble.

Les employés peu qualifiés sont aussi 40% à déclarer être sollicités pour une quantité de travail excessive (+4 points). Ils sont également la seule catégorie où le manque d'autonomie dans l'organisation du travail s'accentue (+4 points) et ils sont davantage concernés par une hausse des comportements hostiles (+8 points) que les salariés en général (+2 points).

Par ailleurs, la Dares relève que 41% des salariés ne se sentent pas capables de faire le même travail jusqu'à la retraite (+3 points).

P.Prasad--MT