BHV Marais : 150 personnes rassemblées vendredi contre la direction et "ses mensonges"
Prestataires de ménage non payés, rayons artificiellement remplis, peur de perdre la mutuelle de l'entreprise... Les griefs contre le BHV Marais ont été égrenés vendredi lors d'un rassemblement d'environ 150 personnes, à l'appel d'une intersyndicale du grand magasin parisien.
"Y'en a marre des +blablas+ et des mensonges à la presse alors que nous, ce qu'on vit, c'est l'inverse. Rien n'est payé, le bâtiment se détruit", s'indigne au mégaphone une salariée, au nom de l'intersyndicale CGT-CFTC-Sud Solidaires-CFDT et CFE-CGC. Comme les autres représentants syndicaux, elle refuse d'être identifiée par son nom et prénom.
"Pas de clim', escalators en panne, pas de papier toilette... Il nous manque tous les outils et, à chaque fois, on nous dit +demain+. On veut des actions, on ne peut pas tous les mois attendre notre carte-restaurant, se demander si on va avoir la mutuelle", embraye une autre représentante.
Autour d'eux, environ 150 personnes massées devant l'entrée principale du BHV brandissent des pancartes affichant leur désarroi : "magasin en détresse, salariés en souffrance", "le rayon respect est définitivement fermé", "BHV : Bazar de l'hyper-vide".
Ce rassemblement intervient alors que le rez-de-chaussée a intégralement rouvert jeudi, "une étape majeure" de son "plan de relance", selon la direction du grand magasin, qui emploie 700 salariés.
"On a l'impression d'être des zombies alors qu'on demande juste à travailler. On se retrouve avec un mélange de rayons en restructuration et les autres vides du fait du manque de marchandises. On fait du cache-misère", regrette un salarié, convaincu que l'ancienne direction a organisé une banqueroute et souhaite que ces "escrocs" aillent "devant la justice".
L'inspection du travail suspecte l'entreprise d'être en cessation de paiements et l'a signalé à la justice, selon le parquet de Paris, ce que la direction conteste.
"Au niveau émotionnel, ça va très mal, je ne sais pas ce que ça va donner. Je suis mère célibataire, j'ai peur de perdre la garde de mon fils si je perds mon travail", se désole auprès de l'AFP une autre salariée, qui travaille au BHV de Parly 2 (Yvelines).
"La direction comprend l'inquiétude des salariés. La relance du BHV prend du temps, a fortiori dans un contexte de tensions avec le bailleur", a réagi auprès de l'AFP l'exploitant du BHV.
"Nous avons de premiers résultats en cette rentrée : la réouverture du rez-de-chaussée, le retour de près de 40 marques, l'installation d'un espace de jeunes créateurs, et la restructuration de plus de 80% de la dette, entre autres", ajoute-t-elle.
J.Srivastava--MT