Carburants: la colère des pêcheurs enfle, réunion au ministère
Remontés contre le gouvernement et la flambée du gazole, les pêcheurs ont rencontré la ministre de la Pêche jeudi à Paris pour obtenir plus d'aides après avoir mené des actions "symboliques" dans deux ports et un dépôt pétrolier dans le Sud.
"Notre demande principale auprès de la ministre c'est un blocage des prix à la pompe", a indiqué à l'AFP Ange Natoli, pêcheur à Martigues, en arrivant à Paris pour rencontrer la ministre déléguée chargée de la Mer et de la Pêche, Catherine Chabaud.
Débutée à 11H00, la réunion n'était toujours pas achevée à 15H30, selon un journaliste de l'AFP sur place.
Le relèvement de l'aide de 25 à 35 centimes par litre annoncé par le Premier ministre mercredi soir n'a pas calmé les professionnels.
"Les 35 centimes d'aide, ce n'est pas un geste du gouvernement, cela avait été voté il y a six mois. Et ce n'est pas suffisant du tout, ça ne correspond pas à la réalité", a ajouté Ange Natoli.
Les blocages du port de Nice, ainsi que du dépôt de Frontignan ont été levés à la mi-journée, selon des sources concordantes et des journalistes de l'AFP. Le port de Sète était bloqué lui aussi dans la matinée.
A sept mois de l'élection présidentielle en France, alors que la situation économique se dégrade, le gouvernement surveille la situation de très près et a actionné mercredi le prolongement des aides jusqu'en décembre pour les secteurs touchés.
Depuis le début de la guerre en Iran en février, le gouvernement insiste sur les causes externes de la flambée des prix de l'essence, et non une cause politique interne alors qu'en 2018 l'augmentation de la taxe carbone avait alimenté et fait démarrer le mouvement des "gilets jaunes".
Jeudi matin, le prix moyen du gazole, carburant le plus consommé en France, a dépassé 2,37 euros, proche de son record d'un peu plus de 2,38 euros, selon une analyse AFP à partir des données gouvernementales.
L'aide relevée pour les pêcheurs retrouve "son niveau maximal autorisé par la Commission européenne pour permettre aux navires de continuer à sortir en mer", après un ajustement à la baisse cet été pour tenir compte de la baisse des prix, avaient expliqué jeudi soir les services du Premier ministre.
- Blocage des prix à la pompe -
Mais la grogne des pêcheurs dépasse le seul carburant. Et ces sujets ont été abordés au cours de la réunion. Pendant la pause, plusieurs sources ont affirmé à l'AFP qu'un déplacement des autorités était envisagé "la semaine prochaine" en Méditerranée.
Ainsi, devant le dépôt pétrolier de Frontignan, Pierre Palumbo, marin et patron pêcheur, membre de la prud'homie de Sète (Hérault), y ajoute aussi "la répartition de quotas de thon rouge, la restructuration de l'anguille dans les lagunes, les surcharges administratives et sécuritaires imposées depuis des années et qui ont un surcoût".
Les pêcheurs de Méditerranée subissent aussi souvent "des prix de gazole marin plus élevé que les autres", explique Perrine Cuvilliers, représentant l'Organisation des producteurs du Sud.
Vincent Scotto, président de la coopérative des pêcheurs Sathoan, veut un blocage du prix à la pompe de 60 centimes et réclame le paiement des aides "qui n'ont toujours pas été payées" depuis avril, a-t-il dit à l'AFP.
Sur le port du Grau-du-Roi (Gard), des manifestants ont accroché en haut d'un phare deux faux pendus représentant des pêcheurs en ciré jaune, avec ces banderoles: "la pêche se meurt", "l'Europe tue". La mise en scène macabre était aussi déployée sur des bateaux à quai.
En campagne présidentielle, les candidats rivalisent de propositions sur le sujet et le gouvernement craint l'embrasement alors que les prix de l'énergie étouffent le budget des Français.
Selon un baromètre publié jeudi, en 2026, 17 millions de Français de plus de 18 ans sont en situation de "précarité mobilité", soit 37% de la population française majeure.
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G.Mittal--MT