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Taxe sur les produits sucrés: le gouvernement ouvre la porte, les industriels s'alarment
Taxe sur les produits sucrés: le gouvernement ouvre la porte, les industriels s'alarment / Photo: THOMAS SAMSON - AFP/Archives

Taxe sur les produits sucrés: le gouvernement ouvre la porte, les industriels s'alarment

Une taxe sur les produits sucrés est "sur la table" pour le budget 2027 au nom de la lutte contre l'obésité, a indiqué mercredi le ministre du Commerce Serge Papin, provoquant déjà l'ire des industriels qui prédisent une facture accrue dans les rayons.

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A la fin, "ce sont les consommateurs qui vont payer", a avancé sur RMC mercredi le président de l'Association nationale des industries alimentaires (Ania) Jean-François Loiseau, qui regrette que cette taxe puisse viser beaucoup de produits typiques des boulangeries françaises.

La filière avait déjà fait bloc à l'automne 2025, quand des députés avaient tenté d'instaurer une taxe comparable, qu'il s'agisse des fabricants de chocolats, confiseries et biscuits qui craignaient une taxe qui les "impacterait très lourdement" ou la Fédération des entreprises de boulangerie qui dénonçait une "taxe comportementale" pénalisant toute la profession.

"Je ne suis pas pour les taxes", a pourtant assuré mercredi sur LCI M. Papin, qui avait longtemps dirigé le groupement de distribution Système U avant d'entrer au gouvernement en octobre 2025.

Mais il existe aujourd'hui un "enjeu" sanitaire, car "il y a trop d'obésité" et de "diabète": "aujourd'hui, un gamin de 9 ans a mangé autant de sucres (...) que son grand-père qui a vécu toute une vie", a illustré le ministre du Commerce et du Pouvoir d'achat.

- Enjeu sanitaire ou fiscal? -

Selon Les Echos, la taxe envisagée par le gouvernement serait inscrite dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2027 et viserait certains produits transformés au-delà d'un seuil de sucre encore inconnu.

Le gouvernement en attendrait 200 millions d'euros de recettes, toujours selon le quotidien, un montant déjà avancé par des députés dans des amendements déposés à l'automne 2025.

Le gouvernement s'était alors opposé à une telle taxe après l'adoption en commission à l'Assemblée d'un amendement issu de députés du camp présidentiel taxant de 4 à 35 euros par quintal les produits transformés sucrés.

La ministre de la Santé Stéphanie Rist avait rendu un avis défavorable. Elle estimait que les objectifs sanitaires pouvaient être atteints en mobilisant d'autres leviers, par exemple des accords avec les industriels.

Mais un an plus tard, l'étau budgétaire s'est encore resserré pour le gouvernement, qui prévoit de réduire à 12 à 13 milliards d'euros le déficit de la Sécurité sociale en 2027 (contre 22 en 2026) et cherche de nouvelles pistes de recettes susceptibles d'être adoptées par une Assemblée nationale où il ne dispose pas de majorité.

Or pour ses détracteurs, le rendement fiscal de ces taxes peut entrer en tension avec leur objectif sanitaire.

"Tant que l'on a des taxes comportementales qui apportent du rendement, cela veut dire qu'elles ne fonctionnent pas" pour réduire la consommation de sucres, affirmait ainsi en 2024 la sénatrice centriste Elisabeth Doineau, qui défendait alors une nette augmentation de la taxe dite "soda".

- Plus d'obésité chez les plus pauvres -

La taxe "soda", qui vise les boissons avec du sucre ajouté ou des édulcorants de synthèse, est pour l'heure le seul exemple de fiscalité "nutritionnelle" en France.

Autre argument en défaveur de la taxe envisagée: elle pourrait créer une double peine pour les ménages en difficulté, proportionnellement plus touchés par l'obésité.

En France, 18% des adultes (près de 10 millions de personnes) sont touchés par l'obésité, une proportion qui grimpe à 25% chez ceux qui déclarent des difficultés économiques, selon une étude en 2024 de la Ligue nationale contre l'obésité.

Mais pour ses partisans, ce type de dispositif peut contraindre "les industriels à revoir progressivement la composition de leurs produits", plaidait ainsi fin 2025 la députée EPR Nicole Dubré-Chirat.

"Oui à une taxe sur les produits trop sucrés (...) mais à une condition: que l'argent récolté serve à rendre les produits plus sains et accessibles", a affirmé mercredi à l'AFP l'association de consommateurs Que Choisir Ensemble.

Le projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2027 sera présenté jeudi en Conseil des ministres.

W.Thakur--MT