Madras Times - Dernier Nobel de la saison : politique monétaire ou tech, à qui le prix d'économie ?

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Dernier Nobel de la saison : politique monétaire ou tech, à qui le prix d'économie ?
Dernier Nobel de la saison : politique monétaire ou tech, à qui le prix d'économie ? / Photo: Jonathan Nackstrand - AFP

Dernier Nobel de la saison : politique monétaire ou tech, à qui le prix d'économie ?

Un prix pour la politique monétaire, la tech, le comportementalisme ou le développement ? Dernier né des prix, le Nobel d'économie clôt lundi à Stockholm la saison 2026 des fameuses récompenses dont la plus connue est le prix de la paix décerné vendredi à la sud-africaine Navi Pillay.

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Officiellement "prix de la Banque de Suède en sciences économiques en mémoire d'Alfred Nobel", la récompense a été créée en 1968 et décernée pour la première fois l'année suivante.

A 11H45 (09H45 GMT), le président du comité annoncera le ou les nom(s) des successeurs de l'Américano-Israélien Joel Mokyr, du Français Philippe Aghion et du Canadien Peter Howitt, primés en 2025 pour leurs travaux sur l'impact de l'innovation sur la croissance économique.

D'après les experts interrogés par l'AFP, cela évince

ce champ de recherche des travaux nobélisables.

Au sein du comité Nobel, qui compte cinq membres titulaires, "il y a un marchandage évident entre les factions : +je soutiens ton candidat cette année, si tu soutiens le mien l'année prochaine+", note l'économiste Richard Tol, de l'Université de Sussex qui a consacré plusieurs travaux au fonctionnement du prix d'économie.

Selon lui, "le comité laisse entendre que (les Américains) Colin Camerer et George Loewenstein gagneront cette année, peut‑être avec Matt Rabin".

D'après David Pendlebury du cabinet Clarivate, qui prédit les potentiels lauréats en se fondant sur le nombre de citations de leurs travaux, "Michael Woodford, en matière de politique monétaire, est un candidat sérieux".

"Cela fait un certain temps que ce domaine particulier n'a pas été mis à l'honneur, et l'œuvre de Woodford, du moins sa publication majeure, est un livre paru en 2003", note-t-il.

Or, l'étude des anciens lauréats montre que le comité Nobel privilégie un délai de 20 à 25 ans après publication, assure M. Pendlebury.

Cette période est jugée idéale car elle laisse suffisamment de temps pour évaluer avec certitude l'impact réel des découvertes.

- Grandes questions de société -

Toutefois, nuance Morten Pedersen de l'Université de Copenhague, les membres du comité "ont des yeux et des oreilles pour ce qui se passe dans le monde dans lequel nous vivons (...) on peut aussi voir certaines tendances politiques ou thématiques qui ne sont pas indépendantes des grandes questions de société actuelles".

Si lui refuse de céder au jeu des devinettes, son confrère Richard Tol considère que "s'ils veulent vraiment envoyer un message politique, alors ils devraient attribuer le Nobel de cette année à Anne Krueger et Jagdish Bhagwati (pour leurs travaux sur le lobbying et la corruption dans les gouvernements) ou à Tim Besley, Guido Tabellini et Deirdre McCloskey (pour l'économie du développement)".

D'après le modèle mis en place par l'économiste, quatre autres domaines pourraient être mis à l'honneur : l'information et les réseaux avec Sanford Grossman et Matthew Jackson ; la croissance économique avec Robert Barro, David Weil et Gilles Saint‑Paul, le commerce international avec Gene Grossman, Elhanan Helpman et Marc Melitz ou l'économie internationale avec Barry Eichengreen et Ken Rogoff, probablement avec Carmen Reinhart.

Sur 99 lauréats du prix, seules trois sont des femmes, toutes primées depuis le début du XXIe siècle.

"De toute évidence (et c'est bien mérité), plus de femmes reçoivent le prix (même si cela reste encore très peu)", relève M. Pedersen.

L'Américaine Susan Athey, pionnière de l'économie de la tech, est l'une des favorites des parieurs.

"Ce sont le poids scientifique des contributions et leur importance pratique qui sont déterminants. La parité et la diversité ne doivent pas entrer en compte", insiste Tore Ellingsen, professeur à l'école de commerce de Stockholm.

Le millésime 2026 des Nobel a récompensé deux femmes : la Sud-africaine Navi Pillay avec la paix et la Canado-islandaise Anne Carson en littérature.

Le prix Nobel de chimie a été décerné au Français Henri Kagan et au Japonais Kenso Soai, celui de physique au Belge Francis Halzen.

Enfin, le premier prix à être annoncé, la médecine, a été décerné à l'Américain Karl Deisseroth et aux Allemands Peter Hegemann et Georg Nagel.

B.Bhattacharya--MT