Madras Times - Un sommet entre l'UE et le Canada pour sceller un rapprochement inédit

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Un sommet entre l'UE et le Canada pour sceller un rapprochement inédit
Un sommet entre l'UE et le Canada pour sceller un rapprochement inédit / Photo: Jean-Christophe VERHAEGEN - AFP/Archives

Un sommet entre l'UE et le Canada pour sceller un rapprochement inédit

Le Canada et l'Union européenne vont élever leur partenariat à un niveau inédit, jeudi et vendredi à Montréal, même si Bruxelles devrait renoncer à qualifier son partenaire de "membre associé" de l'UE face aux réticences de certains États membres.

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L'idée de conférer au Canada ce statut inédit a été avancée mi-septembre par la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, mais a provoqué des remous parmi les Vingt-Sept, aucun traité de l'UE ne le définissant juridiquement.

À la demande notamment de l'Allemagne, ce concept devrait être remplacé dans la déclaration finale du sommet de deux jours par celui d'"association toujours plus étroite du Canada à l'UE, en deçà d'une adhésion", ont indiqué des diplomates à Bruxelles mercredi.

Le Premier ministre canadien Mark Carney a relativisé mardi l'importance du "nom précis" donné à ce rapprochement : "Ce qui compte, c'est la différence que cela représentera dans la vie des Canadiens."

Ursula von der Leyen a pour sa part encore utilisé ce terme mercredi, soulignant dans une déclaration que ce sommet allait permettre "de commencer à discuter de la façon de faire du Canada le premier membre associé de l'UE".

"Notre ambition est de construire le partenariat le plus étroit que nous ayons jamais établi avec un pays non-européen. Taillé sur mesure pour le Canada", a-t-elle ajouté.

Au-delà de ce débat sémantique, le sommet doit permettre au Canada et à l'UE d'étendre leur coopération, déjà étroite, à d'autres domaines comme les minerais stratégiques, le commerce numérique, la recherche ou la mobilité des jeunes.

Et surtout de resserrer leurs liens dans un monde dominé par les États-Unis et la Chine.

"Le monde est devenu plus dangereux et plus polarisé. Face à cette réalité, le Canada et l'Union européenne mettent en commun leurs forces (...) pour bâtir une nouvelle alliance ambitieuse", a déclaré Mark Carney dans un communiqué récent.

"Une alliance suffisamment solide pour que personne ne puisse nous dicter nos choix", a-t-il ajouté, dans une référence implicite aux États-Unis de Donald Trump notamment, qui a qualifié ce rapprochement de "ridicule" et est allé jusqu'à menacer l'UE de rompre les échanges commerciaux.

Ce sommet démarrera jeudi par un discours d'Ursula von der Leyen sur les relations UE-Canada à 14H00 GMT, avant une table ronde avec M. Carney, le président du Conseil européen, Antonio Costa, et des représentants du monde des affaires à 18H00 GMT. Un dîner clôturera la première journée de ce sommet auquel participent neuf commissaires européens.

- Minerais, numérique et mobilité -

Le retour de Donald Trump à la Maison Blanche début 2025 a déjà entraîné un rapprochement entre Bruxelles et Ottawa illustré par la participation des Canadiens à un programme européen d'aide à l'industrie de défense, ou par l'invitation de M. Carney et de certains de ses ministres à des réunions européennes.

Les deux partenaires sont par ailleurs liés depuis dix ans par un accord de libre-échange, le CETA (Comprehensive Economic and Trade Agreement), qui supprime les droits de douane sur 98% des produits échangés. Très critiqué notamment par les éleveurs français, il n'a toutefois pas encore été ratifié par neuf pays de l'UE sur 27, dont la France.

Ce sommet doit être l'occasion pour le Canada, empêtré dans un conflit commercial avec Washington qui s'est envenimé cet été, et l'UE, dont les relations sont également houleuses avec Donald Trump, d'étendre ce partenariat à de nombreux autres domaines.

Les minerais stratégiques, dont le sous-sol canadien regorge et dont l'industrie européenne, dépendante de la Chine, a un besoin vital, en est l'un des principaux. Le sommet pourrait déboucher sur un accord permettant à la Banque européenne d'investissement (BEI) de financer des projets canadiens d'exploitation.

Un accord sur le commerce numérique, permettant des transactions en ligne plus rapides et moins coûteuses, devrait aussi être dévoilé vendredi, ainsi qu'un renforcement de la coopération en matière de régulation de l'intelligence artificielle.

Le Canada pourrait aussi négocier son adhésion au programme européen Galileo, un système de navigation par satellites qui offre une alternative au système américain GPS, et à Erasmus, dispositif européen de mobilité des jeunes qui permet notamment à des étudiants de passer un semestre à l'étranger.

L.Chatterjee--MT