La dépression Leonardo met à l'arrêt l'Andalousie en Espagne, un mort au Portugal
La dépression Leonardo, septième tempête depuis le début de l'année, a frappé mercredi la péninsule ibérique avec des précipitations de plus de 40 cm, faisant un mort au Portugal et entraînant l'évacuation de milliers de personnes, ainsi que la paralysie du trafic ferroviaire et routier en Andalousie, dans le sud de l'Espagne.
La péninsule ibérique est en première ligne du dérèglement climatique et subit, depuis plusieurs années, des vagues de chaleur de plus en plus longues et des épisodes de fortes pluies de plus en plus fréquents, souvent dévastateurs.
L'agence météorologique espagnole Aemet a décrété l'alerte rouge (la plus élevée) dans les massifs de Grazalema et de Ronda, en Andalousie, ainsi que dans la zone du détroit de Gibraltar, face au "danger extraordinaire" dû aux précipitations. Plusieurs rivières menacent de déborder.
A Grazalema, village de montagne de la province de Cadix, il est tombé plus de 40 centimètres de pluie, soit "ce qui tombe généralement à Madrid en une année", a expliqué à l'AFP Ruben del Campo, porte-parole de l'Aemet.
Au cours des dix derniers jours, cette localité de près de 2.000 habitants a reçu plus de pluie que ce que reçoit en un an "la ville de La Corogne, en Galice, réputée très pluvieuse", a-t-il ajouté.
- "La terre n'arrive plus à absorber" -
Auparavant, sur le réseau social X, il avait souligné que ces "pluies extraordinaires" étaient aggravées "par le fait qu'il a déjà plu intensément ces dernières semaines, les sols sont très saturés, les cours d'eau charrient déjà beaucoup d'eau".
"Il est très probable que des crues, des inondations et des glissements de terrain se produisent", a-t-il ajouté.
"Il y a de nombreux éboulements, de nombreuses routes et chemins sont coupés (...) Ce sont de très grandes quantités d'eau qui s'accumulent, que la terre n'arrive plus à absorber", a commenté à la télévision espagnole, Maria Paz Fernandez, maire de Ronda (plus de 30.000 habitants), à une trentaine de kilomètres de Grazalema.
En raison de la situation qui a touché presque toute l'Andalousie, 3.500 personnes ont été évacuées à titre préventif et les écoles ont été fermées.
Presque tous les trains ont été annulés dans la région, selon la compagnie publique espagnole Renfe, tout comme l'accès aux ports.
Le président régional andalou, Juan Manuel Moreno, avait demandé mardi "la plus grande prudence" et "du bon sens", surtout à proximité "des rivières et des zones inondables".
"Evitez les déplacements inutiles", a indiqué de son côté sur X le Premier ministre Pedro Sanchez, appelant à la "plus grande prudence" alors que près d'une cinquantaine de routes étaient coupées.
Les services d'urgence andalous ont indiqué avoir traité plus de 650 incidents au cours de la journée, mais aucun très grave.
Mercredi, 400 soldats de l'Unité militaire d'urgence (UME) étaient déployés en Andalousie pour aider les secours, et d'autres de l'Armée de terre étaient "prêts" à intervenir si nécessaire, a indiqué la ministre de la Défense, Margarita Robles.
En octobre 2024, des inondations avaient fait plus de 230 morts, principalement dans la région de Valence.
- "Jamais vu une chose pareille" -
Au Portugal, la protection civile a annoncé que les inondations ont fait un mort et précisé que 200 personnes ont été évacuées mercredi dans les régions du centre. Depuis dimanche, les services d'urgence ont géré lus de 3.300 incidents, principalement dus à des inondations, des chutes d'arbres et des glissements de terrain.
A Alcacer do Sal, à une centaine de kilomètres au sud de Lisbonne, le fleuve Sado est sorti de son lit et la principale avenue du centre-ville a été inondée, ont constaté des journalistes de l'AFP.
"Je n'avais jamais vu une chose pareille. L'eau entre à Alcacer avec une force que nous n'imaginions pas possible", a expliqué une commerçante Jessica Ramalho.
Le Portugal a été frappé ces dernières semaines par plusieurs tempêtes, la plus dévastatrice, Kristin, ayant fait cinq morts et de nombreux dégâts.
Selon l'agence météorologique portugaise, le pic des intempéries est attendu dans la nuit de mercredi à jeudi.
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D.Kumar--MT