Le Liban et la Syrie signent un accord sur le transfert de prisonniers syriens
Le Liban a signé vendredi un accord avec la Syrie pour lui remettre quelque 300 prisonniers syriens, une mesure censée ouvrir une nouvelle page entre les deux pays aux relations tendues par le passé.
Gouvernée pendant des dizaines d'années par le clan Assad, la Syrie est dirigée depuis fin 2024 par des autorités islamistes après la chute du président Bachar al-Assad.
Le Liban a longtemps souffert de l'hégémonie du clan Assad auquel sont imputés de multiples assassinats.
Le vice-Premier ministre libanais Tarek Mitri et le ministre syrien de la Justice Mazhar al-Wais ont annoncé avoir signé l'accord, au cours d'une conférence de presse à Beyrouth.
"Nous annonçons aujourd'hui une étape importante sur la voie de la justice", a affirmé le ministre syrien, exprimant l'espoir que l'accord contribue à "l'amélioration des relations bilatérales dans la période à venir".
M. Mitri a déclaré à l'AFP que les deux pays œuvraient à "résoudre toutes les questions qui affectent les relations bilatérales", dont le règlement du sort des autres prisonniers.
Quelque 2.250 Syriens, soit un tiers de la population carcérale du Liban, sont détenus dans les prisons surpeuplées du pays, selon une source judiciaire, et Damas avait réclamé que le Liban lui remette plus de 300 prisonniers.
Le ministre libanais a indiqué que le gouvernement libanais allait décider vendredi de dissoudre le Haut Conseil libano-syrien, datant de l'époque de l'ingérence du clan Assad sur le Liban.
Il a ajouté que son pays allait également revoir des "accords injustes conclus à l'époque de la tutelle syrienne" et que les deux pays allaient délimiter le tracé de leurs "frontières terrestres et maritimes".
Le ministre syrien des Affaires étrangères, Assaad al-Chaibani, a salué sur X "une étape historique" vers la résolution des différends entre les deux pays et "un point de départ pour des relations stratégiques solides".
La question des prisonniers est l'un des problèmes les plus épineux entre les deux pays.
Selon les autorités libanaises, l'accord signé vendredi concerne des détenus syriens condamnés au Liban et ayant passé dix années ou plus en prison et qui doivent purger le reste de leur peine en Syrie.
Des centaines de prisonniers syriens, accusés de "terrorisme" ou d'attaques contre les forces libanaises, ont été traduits devant des tribunaux militaires libanais.
D'autres sont emprisonnés pour appartenance à des groupes armés ou jihadistes qui ont combattu le pouvoir d'Assad pendant la guerre civile (2011-2024), et sont en attente de jugement.
Un responsable du ministère syrien des Affaires étrangères, Mohammed al-Ahmed, a déclaré à la télévision d'Etat syrienne que l'accord concernait "tous les crimes sauf le viol et le meurtre".
"Les personnes transférées dans les prisons syriennes ont le droit de demander un nouveau procès", a-t-il ajouté, précisant que les prisonniers seraient transférés après l'achèvement des "formalités consulaires".
F.Pathak--MT