Echanges houleux au Congrès américain entre démocrates et responsables de l'immigration de Trump
Les chefs de trois agences chargées du contrôle de l'immigration aux Etats-Unis ont défendu mardi au Congrès leur bilan depuis le retour au pouvoir de Donald Trump, lors d'échanges parfois virulents avec des élus démocrates qui ont condamné les politiques répressives du président républicain.
"Le gouvernement et les agences représentées devant nous ont démontré un mépris total pour la loi et la Constitution", a accusé le représentant démocrate Tim Kennedy.
L'audition survient au moment où le Congrès est engagé dans une bataille sur le budget du ministère de la Sécurité intérieure (DHS), dont dépendent ces trois agences, consécutive à la mort de deux Américains tués à Minneapolis, dans le nord des Etats-Unis, par des agents fédéraux.
Le financement du DHS arrive à expiration samedi, date à laquelle nombre de ses services entreront en situation de paralysie budgétaire.
Devant la commission de la sécurité intérieure de la Chambre des représentants, les responsables de ces trois agences ont vanté leurs accomplissements en matière de lutte contre l'immigration.
Le chef de la police aux frontières (CBP), Rodney Scott, a ainsi souligné que depuis le retour du président républicain au pouvoir, les entrées illégales aux Etats-Unis n'ont jamais été à un niveau aussi bas.
"La CBP a passé l'an dernier à reconstruire une frontière qui avait été intentionnellement détruite", a-t-il argumenté, en s'attaquant au bilan de l'ancien président démocrate Joe Biden.
- Tactiques "anti-américaines" -
Le chef par intérim de la police de l'immigration (ICE), Todd Lyons, a souligné de son côté que 475.000 expulsions avaient été réalisées par ses services en 2025.
"Le président nous a chargés d'effectuer des expulsions en masse, et nous accomplissons cette mission", a-t-il affirmé.
Après leurs remarques liminaires, les deux responsables ont été soumis au feu des questions des membres démocrates de la commission.
L'élu Dan Goldman, s'adressant à Todd Lyons, a notamment fustigé l'ICE et ses "tactiques qui sont anti-américaines et tout simplement fascistes".
Son collègue républicain Eli Crane a accusé en retour l'opposition de "diaboliser l'ICE".
Des milliers d'agents fédéraux ont multiplié ces dernières semaines les descentes dans cette ville du Minnesota pour arrêter les personnes en situation irrégulière.
Leurs opérations ont provoqué des tensions dans la ville, où les habitants manifestent en nombre contre leur présence. En marge de celles-ci, des agents de la CBP et de l'ICE ont tué par balle en janvier, à moins de trois semaines d'intervalle, Renee Good et Alex Pretti. La mort de ces deux Américains, tous deux âgés de 37 ans, a suscité une vague d'émotion à travers le pays.
- Paralysie -
Lors de l'audition de mardi, les responsables de ces agences ont condamné quant à eux les attaques perpétrées contre leurs agents.
"Nous faisons face à l'environnement opérationnel le plus mortel de l'histoire de notre agence", a affirmé Todd Lyons.
Depuis les décès de Renee Good et d'Alex Pretti, les démocrates demandent de vastes réformes du fonctionnement de l'ICE, notamment la fin des patrouilles volantes, l'interdiction pour les agents de se dissimuler le visage, et l'obligation d'obtenir un mandat judiciaire avant l'arrestation d'un migrant.
A cet effet, les chefs démocrates au Congrès menacent de ne pas approuver le projet de financement 2026 du DHS.
Face à leurs demandes, la Maison Blanche a signalé sa volonté de négocier, mais sa réponse lundi n'a pas satisfait l'opposition.
"Les républicains ont partagé une ébauche de contre-proposition qui n'incluait aucun détail ni de contenu législatif", ont affirmé le chef de la minorité démocrate à la Chambre, Hakeem Jeffries, et son homologue au Sénat, Chuck Schumer, dans un communiqué.
En cas d'échec des négociations, le DHS risque de se retrouver en paralysie budgétaire à partir de samedi. Les opérations de la CBP et de l'ICE pourraient continuer grâce à des fonds approuvés par le Congrès l'an dernier, mais d'autres agences, comme celle chargée de la réponse aux catastrophes naturelles (Fema), pourraient être touchées.
N.Bhat--MT