Les pays de l'UE trouvent un accord sur de nouvelles sanctions contre la Russie
Il a été question de poissons, de pétrole, de gaz et de visas: après des semaines de négociations, les Européens ont finalement trouvé jeudi un accord pour infliger de nouvelles sanctions à la Russie, au prix de plusieurs reculs par rapport à la proposition initiale.
Cet accord, arraché dans la matinée, permet avant tout de continuer à limiter les revenus pétroliers de Moscou, qui financent une grande partie de sa guerre contre Kiev.
Depuis l'invasion russe de l'Ukraine, en février 2022, les 27 pays de l'UE ont sanctionné des pans entiers de l'économie russe, ainsi que de nombreuses personnes ou entités.
Afin de maintenir la pression contre Moscou, ils adoptent régulièrement de nouveaux trains de sanctions. Depuis plusieurs semaines, Bruxelles débattait ainsi de son 21e paquet.
La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen s'est réjouie de l'accord conclu jeudi.
"A l'heure où l'Ukraine engrange des avancées sur le front militaire, nos sanctions continuent de fragiliser les fondements économiques de la machine de guerre russe", a-t-elle souligné sur le réseau social X.
- Pétrole gelé -
Le texte adopté dans la matinée vise notamment à prolonger pendant un an un dispositif de plafonnement du prix du pétrole exporté par la Russie, à 44 dollars le baril.
Sans cette décision, le prix du pétrole russe, autorisé à l'exportation, aurait pu grimper, se rapprochant peu à peu des prix internationaux, élevés en raison de la guerre en Iran.
Ce paquet de sanctions comprend également des interdictions de transactions visant le secteur financier russe, ainsi que de nouvelles mesures à l'encontre des cryptomonnaies.
Il vise par ailleurs de nouveaux navires pétroliers de "la flotte fantôme", utilisés par la Russie sous de faux pavillons pour transporter de l'énergie et autres marchandises.
Et il comprend de nouvelles restrictions commerciales afin de fragiliser l'industrie militaire russe.
- Le cas de la Grèce -
Ce paquet a toutefois dû être sensiblement allégé par rapport à la proposition initiale de Bruxelles.
Il a notamment fallu l'adapter pour lever les réticences de la Grèce au sujet du gaz naturel liquéfié (GNL).
Athènes plaidait pour que l'UE autorise ses entreprises à continuer de transporter du GNL, tant qu'il était destiné à des clients en dehors de l'Europe. Une idée qui n'était pas au goût de la Commission européenne
Un compromis a été trouvé sur ce point.
Ces transferts de GNL vers les pays tiers seront autorisés par dérogation pour les contrats conclus avant le 24 février 2022, date de l'invasion de l'Ukraine par la Russie.
Les pays européens réexamineront cette dérogation chaque année.
Plusieurs autres mesures ont été abandonnées, ou assouplies.
La Commission européenne avait ainsi proposé d'interdire aux Russes ayant combattu en Ukraine d'entrer dans l'Union européenne. Selon des diplomates, les Etats membres se sont seulement engagés à œuvrer en faveur d'une telle interdiction à l'avenir.
La Bulgarie s'est aussi targuée d'être parvenue à bloquer l'inscription du patriarche orthodoxe russe Kirill sur la liste des personnes visées par un gel des avoirs et une interdiction de visa.
Des diplomates ont par ailleurs indiqué que le Portugal et la France s'étaient opposés à une interdiction des importations de morue et de lieu d'Alaska russes.
Malgré des années de sanctions occidentales, Moscou a réussi à poursuivre sa guerre en Ukraine.
Les responsables européens estiment toutefois que ces mesures sapent peu à peu les ressorts économiques de la machine de guerre russe. Selon des diplomates, l'exercice se complique néanmoins: après plus de vingt trains de sanctions, les Vingt-Sept peinent à s'accorder sur de nouvelles cibles.
F.Garg--MT