Pour Faure, Bardella "ment" et ne peut plus prétendre à Matignon
Jordan Bardella "ment", en niant les propos antisémites qui lui sont attribués par Mediapart, et ne peut plus prétendre à devenir Premier ministre si Marine Le Pen devait gagner la présidentielle, a estimé vendredi le Premier secrétaire du PS Olivier Faure.
"Il ment. Et donc, on a là un double sujet, son antisémitisme et le mensonge en politique. Les deux ne pardonnent pas", a tranché M. Faure sur RTL.
"Il aurait pu avoir un autre mode de défense, il aurait pu dire +J'étais jeune, je me suis repris depuis, etc.+ C'est pas ce qu'il dit", a constaté M. Faure.
Peut-il encore aller à Matignon en cas de victoire du RN en 2027 ? "Bien sûr que non", a répondu le candidat à la primaire social-démocrate.
Mediapart a publié jeudi des captures d'écran des messages antisémites qu'aurait envoyés Jordan Bardella à une autre personne sur la plateforme Messenger en 2013.
L'interlocuteur du président du RN a demandé à Meta, maison mère de Facebook, un téléchargement de cette conversation sur Messenger, dont l'extraction a été authentifiée par un huissier selon Mediapart. Tout utilisateur de plateformes comme Meta a en effet la possibilité de demander un historique de ses échanges, selon les règles de l'Union européenne.
Selon le journal en ligne, des éléments biographiques révélés dans les conversations par l'utilisateur du compte prouvent bien qu'il s'agissait du vrai Jordan Bardella : mère née en Italie, mention d'une interview qu'il avait accordée au journal Le Parisien en 2013, ou échec au concours de Sciences Po.
Le président du RN, qui conteste depuis le début de la semaine la véracité de ces messages, a maintenu sa ligne jeudi.
"Les pseudo-preuves de Mediapart sont enfin sorties : des montages grossiers, d'obscures captures d'écran manipulables, reprenant des propos ignobles que je n'ai évidemment jamais tenus", a-t-il écrit sur X. "J'ai chargé mon avocat de déposer plainte pour faux et usage de faux, en plus de la plainte déjà déposée pour diffamation", a-t-il ajouté.
Sur LCI, le coordinateur national de LFI, Manuel Bompard, a jugé cette réaction "absolument stupéfiante" alors "qu'il reste peu de doutes" sur la véracité de ses propos selon lui.
"C'est du trumpisme, c'est-à-dire qu'il n'y a plus de réalité, on ne peut plus rien démontrer", a-t-il estimé.
"Si de tels propos - extrêmement graves - étaient avérés, M. Bardella devrait démissionner immédiatement de son mandat européen", a estimé pour sa part le candidat communiste Fabien Roussel dans un communiqué.
X.Kapoor--MT