Un dernier débat pour départager les candidats de la primaire de la gauche
Qui réussira à s'imposer? A quelques jours du premier tour, les cinq candidats de la primaire de la gauche sociale-démocrate s'affrontent dimanche lors d'un dernier débat télévisé pour tenter de se démarquer et attirer le plus grand nombre d'électeurs possible.
L'eurodéputé Place publique Raphaël Glucksmann, le patron du PS Olivier Faure, l'ex-candidate à la présidentielle de 2007 Ségolène Royal, les députés PS Jérôme Guedj et de la gauche républicaine et socialiste (GRS) Emmanuel Maurel, qui espèrent tous représenter la social-démocratie en 2027, ont une dernière chance de tirer leur épingle du jeu, lors d'un débat sur BFMTV à 20H45.
Ils sont cinq sur la ligne de départ, mais à travers les deux précédents débats, sur LCI et sur France 2, un sixième concurrent semble s'être infiltré, le leader de la France insoumise Jean-Luc Mélenchon.
Car c'est notamment autour de la question d'une alliance aux législatives avec la formation de la gauche radicale que les candidats ont affiché leur division. Et un désaccord de plus en plus profond entre les deux principaux rivaux Raphaël Glucksmann et Olivier Faure, qui laisse augurer d'une difficile réconciliation après la primaire.
L'eurodéputé, qui fait toujours figure de favori avec ses 10 à 12% dans les intentions de vote pour la présidentielle, plaide, tout comme le député Jérôme Guedj, pour une rupture définitive avec La France insoumise, invoquant des raisons d'ordre moral et électoral.
Si M. Glucksmann gagne la primaire, "il n'y aura pas d'accord avec LFI", a-t-il martelé, car "si nous sommes alliés à LFI, nous allons perdre contre l'extrême droite".
En face, le patron du PS, en position de challenger, et qui a par deux fois en 2022 et 2024 noué des accords électoraux avec la formation radicale, rappelle que pour mettre en place des politiques de gauche à l'Assemblée, il faudra trouver les moyens de se rassembler. Ségolène Royal et Emmanuel Maurel le rejoignent sur cette ligne.
Et Olivier Faure souligne qu'il est "le seul" à pouvoir rassembler les forces de gauche, quand son rival s'est "entouré de gens qui ont participé à la politique actuelle" macroniste, avec laquelle il entend rompre.
- Corps électoral inconnu -
MM. Glucksmann et Faure s'opposent aussi en matière économique: Raphaël Glucksmann propose notamment de baisser la contribution sociale généralisée (CSG) pour rapprocher le salaire brut du net. Une mesure qu'il veut financer par une taxation des "méga héritages" de plus de deux millions d’euros.
Olivier Faure, comme Ségolène Royal, mettent leur veto, jugeant que cette mesure se rapproche de ce que défendent les "libéraux", et que cela reviendrait, pour augmenter les salaires, à se tourner non pas vers le patronat, mais vers l’État.
Alors que certains, dans l'entourage de Raphaël Glucksmann, estiment que ce dernier pourrait remporter la primaire dès le premier tour, prévu les 9-10 octobre, le camp d'Olivier Faure, mettent en avant l'inconnue du corps électoral.
Les cinq candidats ne cessent d'appeler les électeurs à venir participer à cette primaire, dont le coût d'adhésion de 15 euros (10 pour le tarif social), reste un frein. Les électeurs ont jusqu'à lundi soir minuit, pour s'inscrire pour le 1er tour.
Après les deux précédents débats, des adhésions supplémentaires ont cependant été enregistrées au sein des trois partis organisateurs (Parti socialiste, Place publique et GRS), ainsi que sur le site dédié Choisir2027.fr, a indiqué le président de la Commission d'organisation de la primaire, Patrick Mennucci.
Il table sur plus de 90.000 votants, loin de la primaire qui avait conduit à la victoire de François Hollande en 2012 (entre 2,6 et 2,8 millions d'électeurs).
L'engouement pour cette primaire semble effectivement limité, comme le montre un sondage Elabe pour La Tribune Dimanche publié samedi soir: seulement 25% des Français disent s'y intéresser, et 56% des sympathisants socialistes ou Place publique.
Le premier débat sur LCI a été suivi par 709.000 téléspectateurs en moyenne, avec une part d'audience de 5,5%. Sur France 2, le deuxième débat a rassemblé 1,8 million de téléspectateurs en moyenne, avec une part d'audience de 10,7%.
Y.Raman--MT