Plus rien ne s'oppose au retour en Espagne du dirigeant catalan Carles Puigdemont
Près de neuf ans après sa fuite vers la Belgique, le dirigeant indépendantiste catalan Carles Puigdemont peut revenir en Espagne grâce à la levée mardi du mandat d'arrêt qui le visait dans le cadre de l'enquête sur la tentative de sécession de la Catalogne.
Personnage-clé du second mandat du Premier ministre Pedro Sánchez, puisque les voix de son petit parti avaient permis d'investir le dirigeant socialiste en 2023 en échange de la loi d'amnistie pour les dirigeants catalans, Carles Puigdemont aura finalement dû attendre la toute fin de ce mandat pour pouvoir bénéficier de ce texte.
C'est en effet au lendemain de la convocation par Pedro Sánchez d'élections anticipées pour fin novembre que le Tribunal suprême a levé son mandat d'arrêt, après la validation par le Tribunal constitutionnel de l'application de la loi d’amnistie, y compris pour détournement de fonds, le délit qui étayait encore jusqu'à présent cette mesure.
En conférence de presse, Pedro Sánchez s'est félicité d’une nouvelle qui, selon lui, permet à la Catalogne de "regarder vers l’avenir". "Nous nous réjouissons qu’avec cela nous contribuions également à aider la société catalane, comme elle l’a réclamé tout au long de cette période", a-t-il ajouté.
Tout en déclarant "respecter" la décision du Tribunal suprême, son rival du Parti populaire (PP, droite) Alberto Núnez Feijóo a de nouveau fustigé la loi d'amnistie promue par Pedro Sánchez, évoquant une "tromperie".
"Vendre des faveurs en échange du pouvoir doit être sanctionné dans les urnes. L’Espagne mérite, ENFIN, un gouvernement qui remette au premier plan la vérité, la loi et l’égalité de tous les Espagnols", a-t-il dénoncé sur X.
Carles Puigdemont s'exprimera à 16H00 GMT depuis Waterloo, sa résidence officielle proche de Bruxelles, et devrait notamment préciser quand et comment il compte rentrer en Espagne.
Alors président de cette riche région du nord-est de l’Espagne, Carles Puigdemont avait fui vers la Belgique quelques jours après la proclamation par le Parlement catalan de l'indépendance de la Catalogne en octobre 2017, évitant ainsi d’être arrêté comme d’autres membres de son gouvernement.
La loi d'amnistie, qui avait suscité de vifs débats dans la société espagnole et avait été vivement critiquée par l'opposition de droite, a été définitivement votée par le Parlement espagnol en mai 2024.
Cette mesure était la contrepartie que Pedro Sánchez avait dû accepter pour être reconduit à la présidence du gouvernement fin 2023 grâce au soutien indispensable des partis indépendantistes catalans, dont Junts per Catalunya, celui de Carles Puigdemont.
Le Tribunal suprême avait toutefois considéré que la loi n'était pas applicable aux personnes poursuivies pour détournement de fonds publics, empêchant jusqu'à présent le retour de M. Puigdemont, l'une des figures emblématiques de la crise institutionnelle déclenchée en Espagne au moment de la montée des tensions séparatistes.
La justice européenne a validé en juillet cette loi controversée, qu'elle a décrite comme un instrument destiné à "réduire les tensions institutionnelles et politiques et à favoriser un climat de réconciliation".
Carles Puigdemont est désormais libre de retourner en Espagne où, depuis son départ, il n’a passé que quelques heures au cours d’une visite éclair en 2024.
D.Sinha--MT