Bourses: Paris recule nettement après un week-end de violences
Les Bourses européennes sont en repli lundi, les actifs français retenant l'attention après les pillages et violences survenus samedi en France en marge de la mobilisation pour le pouvoir d'achat, des tensions qui ravivent les craintes sur la dette du pays.
En Europe, vers 07H30 GMT, la Bourse de Paris reculait nettement de 1,24 % quand la Bourse de Francfort reculait de 0,74 % et Londres de 0,58 %.
Samedi, dans le sillage de la mobilisation nationale pour le pouvoir d'achat, de nombreuses villes ont été secouées par des pillages, destructions et émeutes, dont l'ampleur a sidéré le pays. Ces violences ont conduit à environ 2.400 interpellations et près d'un millier de policiers et gendarmes ont été blessés, selon les autorités.
Ces violences "ne vont pas aider la communauté internationale à se sentir pleinement à l'aise pour acheter des OAT", les emprunts d'Etat français, et "la légère détente des écarts de taux français observée ces derniers jours sera mise à l'épreuve aujourd'hui", préviennent les stratèges de Deutsche Bank.
L'écart entre les taux d'emprunt à dix ans français et allemand, qui mesure la méfiance des investisseurs envers la dette française, atteignait 144 points de base, contre environ 137 vendredi, des niveaux plus vus depuis 2012. Le taux français montait à 4,84 % vers 07H15 GMT quand le taux allemand reculait à 3,40 %.
Cet écart "pourrait s'élargir vers 150 points de base" car "les pressions politiques et sociales s'accumulent au moment même où le pays tente de bâtir un budget de rigueur pour l'an prochain", estime Kathleen Brooks, directrice de la recherche chez XTB.
Sur le marché des changes, l'euro cédait 0,26 % vers 07H30 GMT face au billet vert, à 1,1208 dollar pour un euro.
"Si ces émeutes renforcent le soutien à Marine Le Pen, hostile à l'Union européenne, nous pourrions assister à de nouvelles baisses de la monnaie unique", prévient Kathleen Brooks.
A la cote parisienne, les banques, la distribution et le tourisme figuraient parmi les plus fortes baisses de l'indice vedette parisien, le CAC 40.
Carrefour chutait 3,04 %, Accor de 3,03 %, Unibail-Rodamco-Westfield de 3,34 %. BNP Paribas reculait de 2,41 %, Société Générale de 2,36 % et Crédit Agricole de 2,23 %. L'assureur Axa abandonnait 2,33 %.
- L'Asie en ordre dispersé -
En Asie, Tokyo a cédé 0,62 %, tandis que Séoul a bondi de 1,76 % et que Shanghai prenait 0,39 % dans les derniers échanges. Hong Kong est fermée pour un jour férié.
En Chine, la croissance a atteint 4,5 % sur un an au troisième trimestre, un peu au-dessus des attentes (4,4 %), et les ventes de détail ont progressé de 1,1 % sur un an en septembre, plus du double de la prévision.
La croissance "reste fortement soutenue par les exportations plutôt que par la consommation intérieure", souligne Ipek Ozkardeskaya, analyste de Swissquote Bank.
- Pétrole en baisse -
Le baril de Brent perdait 2,50 %, à 107,11 dollars, vers 07H30 GMT, après la suspension par Donald Trump de certaines sanctions contre la Russie.
Donald Trump a multiplié depuis la semaine passée les critiques envers l'Ukraine et son président et a bloqué dans le même temps des sanctions contre la Russie tout en concluant avec elle un accord sur des livraisons de gazole, dans un contexte de frappes répétées de la Russie et de l'Ukraine sur leurs infrastructures énergétiques respectives.
Z.Chakraborty--MT