Madras Times - Commerces pillés : vers des ouvertures dominicales jusqu'à Noël pour compenser

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Commerces pillés : vers des ouvertures dominicales jusqu'à Noël pour compenser
Commerces pillés : vers des ouvertures dominicales jusqu'à Noël pour compenser / Photo: Sameer Al-Doumy - AFP/Archives

Commerces pillés : vers des ouvertures dominicales jusqu'à Noël pour compenser

Durement touchés par les violences urbaines en marge des manifestations, dans une période de l'année cruciale pour eux, les commerçants implorent de pouvoir ouvrir les dimanches jusqu'à Noël pour compenser et ont obtenu du gouvernement un avis favorable.

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Vitrines brisées, marchandises raflées, magasins carbonisés, stocks à refaire... tout comme leur moral : les commerçants se disent aux abois après les saccages en marge des manifestations des deux derniers week-ends et donnent de la voix pour obtenir de l'aide.

Plus de 2.500 commerces ont été dégradés, dont 1.161 visés par des pillages, des saccages ou des incendies, selon le dernier bilan du réseau des chambres de commerce et d'industrie (CCI France), alors que s'ouvre la saison des achats du Black Friday et de Noël.

Pour combler le manque à gagner des derniers jours, les professionnels ont demandé à ce qu'il leur soit exceptionnellement possible d'ouvrir les dimanches. Jeudi, le gouvernement a annoncé encourager maires et préfets à l'autoriser.

"C'est une demande des commerçants eux-mêmes, donc faciliter cette ouverture-là, c'est (y) répondre", a argué la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, sur BFMTV et RMC.

Sondé jeudi sur ce même sujet sur les ondes de France Inter, le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, s'y est également dit favorable.

"C'est presque un OK de principe", a-t-il déclaré, précisant toutefois qu'il souhaitait d'abord s'assurer que les commerçants dont les locaux ont été la cible de violences ou de pillages "sont prêts à repartir dans de bonnes conditions" et qu'ils ont éventuellement "pu réparer leurs commerces".

"Si ça peut aider les commerçants à retrouver de l'activité, je pense qu'il faut le faire par solidarité avec ces professions-là qui ont été durement touchées", a estimé M. Farandou en précisant que ces ouvertures dominicales se feraient "sur la base du volontariat des salariés".

Le syndicat FO a réagi en dénonçant une "nouvelle provocation du gouvernement". Les travailleurs vont "devoir subir des dérogations au repos dominical", proteste le syndicat dans un communiqué.

Cette mesure risque "de pénaliser les plus petites structures commerciales, qui n'ont ni les moyens humains ni les moyens financiers d'ouvrir sept jours sur sept", avertit-il encore.

- Dégringolade des ventes -

L'Alliance du Commerce a révélé jeudi avoir saisi le Premier ministre, les ministres du Travail et du Commerce, ainsi que l'ensemble des préfets pour appuyer cette demande commune.

L'organisme qui représente 16.000 enseignes dont des grands magasins et plus de 150.000 salariés en France, plaide aussi pour un élargissement des aides "à toutes les entreprises touchées", selon un communiqué de presse.

Le ministre du Commerce Serge Papin a récemment annoncé le déclenchement d'une aide directe allant "jusqu'à 10.000 euros" pour les commerces touchés, mais uniquement pour ceux de moins de 10 millions de chiffre d'affaires annuel et de moins de 50 salariés.

En outre, Bpifrance a mis en place un prêt à taux zéro (appelé "Prêt Solidarité Commerce") jusqu'à 50.000 euros, réservé aux entreprises individuelles, TPE et PME créées depuis plus d'un an.

"Les enseignes et grands magasins, particulièrement visés en raison de leur notoriété et de leurs emplacements, en sont exclus, alors que certains de leurs établissements ont subi des dommages considérables", regrette l'Alliance du Commerce.

"Nous demandons également que la prise en charge à 100 % au titre de l'activité partielle soit étendue aux établissements contraints de fermer pour des raisons de sécurité, même sans dommages matériels directs", écrit-elle encore.

La fédération avance des chiffres : "les baisses de chiffre d'affaires ont atteint jusqu'à 90 % lors de ces deux samedis, journées traditionnellement essentielles pour le commerce, sans compter les coûts supplémentaires de mise en sécurité des points de vente".

"Or, novembre et décembre représentent une part essentielle du chiffre d'affaires et du résultat annuels des enseignes et des grands magasins", explique-t-elle. "Ces deux mois seront déterminants pour compenser une partie des pertes, reconstituer la trésorerie et préserver les emplois et les points de vente dans les territoires", juge-t-elle.

B.Bhattacharya--MT