XV de France: l'animation offensive, un chantier toujours en cours
"Tout ne sera pas parfait", avait averti Fabien Galthié avant l'ouverture du Tournoi contre l'Irlande. Et tout ne l'a pas été, malgré la belle victoire (36-14) des Bleus, Patrick Arlettaz, l'entraîneur des lignes arrières, regrettant notamment mardi l'inefficacité des lancements de jeu contre le XV du Trèfle.
"Ca se joue souvent à des petits détails, mais effectivement on n'a pas réussi à élever nos standards sur ce secteur du jeu, alors qu'on sait que ça peut-être une grosse rampe de lancement pour nous", a reconnu mercredi l'ailier palois Théo Attissogbe, auteur du cinquième essai bleu le 5 février au Stade de France.
"Donc on s'y est un peu plus attardé cette semaine, et on va essayer de s'en servir un petit plus ce week-end", contre les Gallois à Cardiff, a promis l'international de 21 ans, qui fêtera sa 10e sélection.
Si le chantier de l'attaque est complexe, c'est surtout parce qu'il se construit sur le long cours. "Quand on sort une nouvelle organisation, il faut quasiment deux compétitions pour aboutir", expliquait le sélectionneur du XV de France après la victoire contre les Fidji à l'automne, rappelant que la nouvelle animation offensive des Bleus avait été inaugurée lors de la tournée en Argentine en juillet 2024.
"Elle nous a vraiment permis de performer sur le Tournoi 2025, (...) mais il n'y a pas de raison qu'elle ne soit pas meilleure encore, (...) et il y a de fortes raisons qu'elle devienne meilleure sur les rendez-vous prochains", avait poursuivi Fabien Galthié.
Meilleure attaque au monde en prenant en compte les cinq matches du Tournoi 2025 et les trois tests d'automne, avec 43 essais, selon le calcul du sélectionneur --qui écarte au passage les trois tests en juillet en Nouvelle-Zélande--, le XV de France est encore perfectible, toujours selon Galthié, qui soulignait par exemple les "trois occasions nettes" ratées en seconde période lors de la défaite contre l'Afrique du Sud le 8 novembre au Stade de France (17-32).
- "Créer le désordre" -
"Il faut qu'on soit plus précis sur notre système de jeu, sur nos cellules, sur le choix qu'on fait sur le moment", avait insisté l'arrière Thomas Ramos, après la victoire sur l'Australie le 22 novembre (48-33).
Le XV de France n'est pas forcément à l'aise sur le "jeu posé", avait reconnu Gaël Fickou, également après l'Australie. Mais les Bleus sont d'abord "une équipe qui marque beaucoup sur des contre-attaques, sur des faits de jeu", s'était-il défendu, "ça a toujours été comme ça. On n'est pas une équipe de possession".
"En novembre (lors des tests), ce n'était pas le visage qu'on voulait montrer", a déploré Arlettaz mardi à Marcoussis, niant toute intention du staff de brider les joueurs dans un système rigide: "Mais il faut les conditions pour pouvoir prendre des initiatives, dans n'importe quel rugby, a insisté l'entraîneur adjoint des Bleus. Et contre l'Irlande, ils ont pris des initiatives, mais à l'intérieur d'un cadre de jeu".
Et celui-ci n'a pas diamétralement changé: "C'est le même qu'au Tournoi dernier", même si "bien sûr il y a toujours des évolutions".
Et Arlettaz de mettre en exergue le troisième essai des Bleus jeudi, signé Ollivon, après une touche jouée rapidement et la "spéciale" de Jalibert, son petit par-dessus au pied: "Dans cette action-là, c'est un peu ce qu'on aime voir au rugby. C'est Jean-Baptiste Gros qui joue comme un trois-quarts, qui donne à +Micka+ Guillard, qui joue comme un trois-quarts, qui donne à Charles Ollivon, qui finit comme un ailier. C'est sympa. C'est un joli clin d'oeil".
"Il y a le désordre dont on profite, sur les ballons de récupération, et il y a le désordre que l'on crée. Et moi j'ai toujours été partisan de ça, notre système, notre cadre, doit créer le désordre, ou en tout cas du déséquilibre", a insisté l'ancien centre de l'Usap, "Et là justement, je ne suis pas pleinement satisfait des lancements qu'on a faits jeudi".
"Mais on va les travailler cette semaine pour le pays de Galles", a-t-il annoncé, avant de lâcher: "Et si c'est toujours insatisfaisant, ça sera plus embêtant...".
Q.Dutta--MT