Tour d'Italie: tout en gestion, Vingegaard double la mise
Deux arrivées au sommet, deux victoires: Jonas Vingegaard, vainqueur dimanche de la 9e étape au sommet du Corno alle Scale, est bien l'homme fort du Tour d'Italie, le tout en ménageant ses efforts.
Après s'être imposé vendredi au Blockhaus avec 13 secondes d'avance sur Felix Gall, le Danois a récidivé sur les hauteurs de la station d'Emilie-Romagne en devançant l'Autrichien de 12 secondes cette fois.
Rien de spectaculaire, d'autant qu'il a refusé de prendre des relais avec le leader de Decathlon CMA CGM dans les deux derniers kilomètres de l'ascension finale. Mais une gestion au millimètre pour le double vainqueur du Tour de France (2022 et 2023) qui semble n'avoir ni l'envie ni le besoin d'en faire trop.
"On est là où on voulait être. Je suis bien placé au classement général. Jusqu'ici, tout se passe bien pour nous", a expliqué le leader de Visma-Lease a bike qui, avant la deuxième journée de repos, ne compte plus que 2:24 de retard au classement général sur l'épatant Afonso Eulalio.
Méconnu avant le Giro mais sublimé par le port du maillot rose, le Portugais s'est arraché pour terminer cinquième de l'étape et conserver sa tunique de leader qu'il devrait céder logiquement mardi lors du seul contre-la-montre au programme, sur 42 km entre Viareggio et Massa.
"Hum, ça va être trop juste", a-t-il calculé avant de monter sur le podium.
La prise de pouvoir de Vingegaard, excellent sur les chronos des grands Tours, semble donc imminente. D'autant que Felix Gall est tout sauf un spécialiste du contre-la-montre et que l'Italien Giulio Pellizzari, considéré comme le principal challenger avant le départ, a perdu pied en concédant près d'une minute et demie dimanche.
C'est justement parce qu'il est conscient de ses limites en chrono que Gall, cinquième du dernier Tour de France, a abattu ses cartes dans la montée vers le Corno alle Scale, après avoir fait rouler son équipe pendant toute la journée.
- "Toujours bon de gagner" -
"L'équipe a fait un boulot incroyable pour contrôler l'échappée, c'est un plaisir de rouler avec des gars aussi forts. Je ressens un peu de fatigue et le jour de repos (lundi) fera du bien. Mais je suis très très satisfait", a commenté l’Autrichien, troisième du général à 35 secondes de Vingegaard, à qui il n'en voulait pas, a-t-il assuré.
"Jonas n'avait pas intérêt à collaborer, du coup j'ai fait comme s'il n’était pas là", a expliqué Gall, qui est passé à l'attaque à environ 2,5 km du sommet avec le seul Danois sur son porte-bagage.
Les deux hommes sont rapidement revenus sur l'Italien Giulio Ciccone, dont le pari de lâcher du lest au général la veille pour mieux avoir le droit de viser des étapes a failli payer de suite. Et puis, à 900 mètres de la ligne, Vingegaard a accéléré pour planter Gall et aller décrocher sa deuxième victoire dans ce Giro.
"On ne voulait pas jouer la victoire d'étape, contrairement à Decathlon CMA CGM comme on l'a rapidement compris. Mais une fois qu'elle était à portée de main, on a décidé, dans la dernière montée, d'y aller. C'est toujours bon de gagner", a expliqué le Danois dont le style "épicier" ne ravit pas forcément tout le monde.
Derrière, son jeune coéquipier italien Davide Piganzoli a pris une belle troisième place alors que le grimpeur français Mathys Rondel, 22 ans, a confirmé sa grande forme en terminant septième, ce qui est aussi sa place au général.
"Ca reste correct", a estimé sans emphase le Sarthois qui s'attend à perdre "un peu, voire beaucoup de temps sur le chrono" mardi, mais espère repointer le bout de son nez dans les longs cols de la troisième semaine.
X.Ranganathan--MT