Championnat des nations: les Bleus en lever de rideau face à la montagne All Black
Nouvelle compétition, le Championnat des nations, opposant hémisphère nord et hémisphère sud, nouveau stade, le "Te Kaha", à Christchurch, et un affrontement face aux All Blacks pour lever de rideau samedi (19h10 locales, 9h10 françaises): le XV de France, même privé de plusieurs de ses atouts, veut y croire.
"On se donne le droit d'être ambitieux. On se donne le droit de rêver", avait lâché Fabien Galthié, à Marcoussis, fin juin, avant d'embarquer pour l'hémisphère sud et les trois premiers matches des Bleus dans cette nouvelle épreuve, avec un premier rendez-vous en Nouvelle-Zélande avant d'aller défier les Wallabies à Brisbane puis les Japonais à Tokyo.
"Nous avons tout à gagner. On se prépare depuis trois semaines avec passion, avec envie. Il nous reste maintenant à jouer", a confirmé jeudi le sélectionneur tricolore. Sans cacher que la tâche sera difficile, entre "la meilleure équipe de Nouvelle-Zélande et une équipe qui n'est pas la meilleure équipe de France (...) mais seulement la meilleure équipe du moment."
"Je considère que dans cette équipe-là, on a quatre titulaires du Tournoi des six nations qui ont gagné la compétition", a-t-il insisté.
Privé, entre autres, de Thomas Ramos, son tireur d'élite, de Louis Bielle-Biarrey et ses 34 essais en 31 matches cette saison, dont un quadruplé hallucinant lors de la victoire sur le fil contre l'Angleterre (48-46) pour le gain du Tournoi, ou de son maestro Antoine Dupont, blessé à un mollet, ainsi que de tous les autres finalistes toulousains ou montpelliérains, le XV de France n'est certes pas au complet.
Mais le XV de départ aligné samedi ne sera pas pour autant une de ces équipes B ou C que le même Fabien Galthié regrettait de devoir emmener chaque été en tournée, à commencer par celle de 2025 conclue par trois défaites, déjà en Nouvelle-Zélande.
- "Brutalité et talent" -
Ainsi, pas moins de huit vainqueurs de la Champions Cup avec l'UBB seront présents au coup d'envoi samedi, sous le toit transparent du "Te Kaha" ("la force" en maori), le nouveau stade de Christchurch, successeur du Lancaster Park, détruit après le tremblement de terre qui avait ravagé la ville en 2011.
Et parmi cette armada bordelaise, la charnière Maxime Lucu - Matthieu Jalibert, qui a fait tourner l'Europe en bourrique, et un certain Damian Penaud, meilleur marqueur d'essais de l'histoire du XV de France (40), revenu en grâce après avoir été envoyé au coin durant le Tournoi par maître Galthié en raison de ses errements défensifs.
Alors certes, la deuxième ligne bleue peut sembler bien inexpérimentée, avec Hugo Auradou et ses 12 sélections et le bizuth australien de Castres, Tom Staniforth, qui va découvrir le niveau international. Et que dire d'une troisième ligne à 16 sélections au total, avec un gamin de 21 ans, Marko Gazzotti, en N.8 ? Ou de Max Spring, le Racingman au père néo-zélandais, une seule cape au compteur, qui va devoir survivre sous les chandelles noires à l'arrière ?
"C'est une opportunité formidable pour tous les joueurs. Ils sont tous en capacité de marquer des points", à 15 mois du Mondial 2027 en Australie, a assuré Fabien Galthié, qui s'attend à un formidable défi All Black. "Brutalité et talent. Voilà ce qu'ils vont nous proposer, prophétise-t-il. La brutalité liée à leur culture. Et le talent lié à leur potentiel certain et à leur motivation".
Du côté de Dave Rennie, le nouveau sélectionneur All Black nommé en mars pour succéder à Scott Robertson, on affirme se méfier du XV de France et de "sa mêlée, son jeu au pied et sa capacité à garder le ballon vivant".
Mais les statistiques sont claires. Et une victoire serait un exploit pour des Bleus qui courent depuis 17 ans après un succès en terre néo-zélandaise contre les All Blacks. Lors de ce triomphe, 27-22 à Dunedin en juin 2009, le quatrième seulement d'un XV de France en 34 visites, le talonneur était un certain William Servat, aujourd'hui entraîneur des avants bleus.
W.Thakur--MT