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Wimbledon: Kristina Mladenovic, le sacre rare d'une revenante
Wimbledon: Kristina Mladenovic, le sacre rare d'une revenante / Photo: Kirill KUDRYAVTSEV - AFP

Wimbledon: Kristina Mladenovic, le sacre rare d'une revenante

Au bord de la fin de carrière en 2025 à cause de blessures qui l'avaient contrainte à être "assistée" au quotidien, la revenante Kristina Mladenovic a écrit l'histoire dimanche en devenant la première Française depuis 89 ans à gagner Wimbledon en double.

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L'ex-N.1 mondiale de la spécialité (actuellement 32e) et sa partenaire chinoise Guo Hanyu se sont imposées 6-3, 7-5 sur le gazon londonien contre la Canadienne Gabriela Dabrowski et la Brésilienne Luisa Stefani, têtes de série N.2.

Un nouvel exploit après avoir éliminé en quarts les grandes favorites Katerina Siniakova et Taylor Townsend, têtes de série N.1 du tournoi.

A 33 ans, Mladenovic est ainsi devenue la quatrième Française de l'histoire, et la première de l'ère Open (inaugurée en 1968), à remporter Wimbledon en double.

Avant elle, seules Suzanne Lenglen (6 fois vainqueure entre 1919 et 1925), Doris Metaxa puis Simonne Mathieu (dont le troisième et dernier titre remontait à 1937) avaient réussi à s'imposer en double à Londres.

"C'est vraiment énormément d'émotions", a réagi la Nordiste dans une interview à l'AFP et à L'Equipe.

- "Assistée au quotidien" -

"L'année dernière, je me suis posé la question de savoir si physiquement, j'allais pouvoir revenir à ce niveau", a expliqué la joueuse surnommée "Kiki" sur le circuit.

Si elle n'a jamais dévoilé publiquement la nature exacte des blessures qui ont amputé sa saison de sept mois en 2025, Mladenovic avait donné quelques indices dans une interview accordée en janvier à L'Equipe.

"À la reprise après le Covid, j'ai commencé à avoir des douleurs au pied", déclarait-elle alors au quotidien sportif. Il y avait le pied gauche, mais ça entraînait une blessure au genou", ajoutait la Française.

Dimanche, elle est entrée davantage dans les détails.

"C'est une chose d'être blessée. Mais l'année dernière, je souffrais vraiment", a-t-elle martelé à Wimbledon.

"Ce qui était très compliqué à un moment donné, c'est que je devais être assistée pour la vie au quotidien. Pour me doucher, pour faire ma toilette. Mentalement, c'était une période extrêmement difficile", a raconté Mladenovic, la voix étreinte par l'émotion.

"Je commençais à prendre des habitudes, chercher les ascenseurs" pour éviter les escaliers, a-t-elle illustré.

"Mon objectif, c'était d'aller tous les jours en soins, en rééducation pour que je puisse marcher, me lever toute seule, ne pas devoir être assistée pour faire ma toilette, ce genre de choses. Ça a duré un bon mois ou deux", a conclu Mladenovic.

- "Juste exceptionnel" -

La désormais septuple gagnante de tournois majeurs (en double) disputait dimanche sur le Central sa première finale en Grand Chelem depuis l'US Open 2024 et sa deuxième finale à Wimbledon, douze ans après s'être inclinée avec la Hongroise Timea Babos contre la paire italienne Sara Errani/Roberta Vinci.

Quelques semaines après son retour sur le circuit, Mladenovic avait remporté en octobre 2025 le tournoi WTA 250 d'Osaka aux côtés de l'Américaine Taylor Townsend.

Son association avec Guo Hanyu date du début de l'année et la paire franco-chinoise avait décroché un titre dès son premier tournoi, en janvier au WTA 250 d'Auckland.

"Je voudrais la remercier (Guo, NDLR) d'avoir cru en moi quand je suis revenue de blessure et que je n'avais plus de classement", a salué Mladenovic dans son discours sur le Central.

La Nordiste a décroché dimanche le 31e titre de sa carrière en double et Guo son septième. La Chinoise de 28 ans, classée 22e mondiale en double, n'avait encore jamais disputé de finale en Grand Chelem.

Pas encore certaine de la direction à donner à sa carrière en simple (elle a été 10e mondiale en 2017), Mladenovic peut rêver de décrocher mi-septembre à New York le seul titre du Grand Chelem qui lui manque en double, l'US Open.

Mais dans l'immédiat, "je vais déjà savourer ce moment. C'est juste exceptionnel", a jubilé la revenante.

L.Mathur--MT